‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 19 sur 31 · DES · texte numérisé non relu

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la nature de l'infection dans la grande majorité des cas de syphilis avec manifestations actuelles, à la période secondaire (de 80 à 9o 0/0). Par contre lorsqu'il s'agit de sujets ayant eu anciennement la vérole mais qui ne présentent au moment de l'examen aucun accident appréciable, la réaction donne moins souvent de résultats positifs ; ainsi pour la syphilis tertiaire le pourcentage des cas positifs tombe de 79 0/0 à 57 0/0. Ce pourcentage atteint même 20 o/o dans la syphilis latente. D'ailleurs comme l’a établi en particulier Citron le traitement mercuriel modifie la réaction en-ce sens qu’elle donne moins fréquemment des résultats positifs (Mühsam, Bruck et Stern). Les recherches de Levapirt, YAMANoOUcHI, LARoO- CHE sur la réaction dans la syphilis primaire ont montré que sur 13 syphilitiques dont le chancre datait de six jours au minimum à trente jours au maximum, la réaction a été six fois positive.

Le pourcentage était de 33 o/o pour les chancres de huit à quinze jours et de 57 o/o pour ceux datant de quinze à trente jours. Or les recherches de Queyrat ont montré que le chancre n’est inoculable au porteur que dans les onze jours qui suivent l’éclosion de l'accident : passé ce délai l'immunité cutanée devient pour ainsi dire absolue. D’après leurs recherches les expérimentateurs pouvaient affirmer que le chancre est inoculable au porteur aussi longtemps que le séro-diagnostic reste négatif ; l'immunité cutanée n'apparait en effet que lorsque le virus s'est déjà généralisé dans l'organisme et qu'il a engendré des réactions dans le système lympha-

tique et hématopoïétique ; or, il est très probable que les

mêmes réactions et cette généralisation du virus engendrent simultanément des changements dans les propriétés du sérum, lequel devient capable de donner la réaction de Wassermann (application à l'excision du chancre).

Somme toute la séro-réaction de la syphilis n'a une valeur démonstrative absolue au point de vue du diagnos: tic de l'infection que si le résultat qu'elle fournit est nettement positif. Un résultat négatif n’a aucune valeur ; tous les expérimentateurs ont au moins eu un cas d’hémolyse complète avec un sérum de syphilitique avéré sans qu'on en puisse expliquer la cause.

Dans le tableau suivant nous relatons les résultats que nous avons obtenus dans la syphilis à ses diverses pério-

des:

18|Chancre de 5 jours.

57 jours après roséole.

23|Chancre de 7 jours.

30|Chancrede8 jours ; traitement au dermatol 21|Chancre de 8 jours.

24]Chancre de 8 jours ; traitement au calomel 27|Chancre de 9 jours ; traitement àl’aristol. 26|Chancre de +7 jours ; 31|Chancre de 18 jours en voie de guérison.

23|Chancre de 18 jours; traitement au calomel 30° jour, chancre cicatrisé.

60° jour, 30 piqûres de biiodure 0,0r.

Chancre de 120° jour, 60 piqûres de biiodure 0,02.

10|19|Chancre de 21 jours en voie de guérison . 11135|Chancre de 21 jours ; cicatrice indurée ; 10 pilules de protoiodure.

12,2-|Chancres multiples, le premier apparu il y a trois semaines.

13| 14 |Chancre apparu il y a 1 mois ; guéri. 14/23] Chancre apparu il y a 1 mois ; guéri.

15|26] Cicatrice indurée ; adénopathie bilatérale. 16/55| Chancre de la lèvre de 2 mois ; céphalée. 1 mois après chancre en voie de guérison ; plaques muqueuses, roséole ; 4 piqûres de biiodure.

17|18|Chancre apparu il y a 5 semaines ; roséole depuis 2 jours, pilules de protoiodure.

18/5|Chancre apparu il y a 6 semaines ; éruption papuleuse depuis 3 jours ; céphalée.

chancre de 2 mois guéri; acci- 19/24|Syphilis dents second. depuis 20 j. ; 60 pilules protoiodure.

© ŒUI GORE CG D

20|,/|Con: 1 chancre inconnu. Accidents 24|Conjugalé | secondaires il y a 1 mois 1/2.

papulo-croûteuses.

Chancre apparu il y a 3 mois; accidents

second. ; traitement mercure colloïdal.

Chancre apparu il y a 3 mois ; syphilides

végétantes ; piqûres biodure.

Chancre apparu il y a 4 mois ; syphilides 24|23| macul. papul. depuis 1 mois ; 4 piqûres

d'huile grise. ; =

25/27|Chancre apparu il y a 4 mois ; syphilides végét. hypertrophiques.

26/21 Chancre guéri depuis 3 mois ; syphilid. macul. papuleuses.

27/31 Chancre apparu il y a 4 mois : syphilid. papul. depuis 15 jours; 2 piqûres d'huile grise.

28/0 Chancre apparu il y a 2 mois ; céphalée, excitation maniaque.

queuses ; laryngite.

30/28 Chancre il y a 6 mois ; adénopathie ; pigmentation cervicale.

31125|Chancre il ÿ a un an: adénopathie inguinale ; 12 piqûres d'huile grise.

32|19|Chancre il ÿ a un an; plaques muqueuses; piqûres biiodure. =

33|49|Chancre de la lèvre il y a 1 an 1/2: iridocyclite datant de 4 mois ; 26 piqûres d'huile grise ; 100 pilules protoiodure.

34|27|Chancre il ÿ a r an 1/2; pilules protoiodure ; sirop Gibert.

35|—|Chancre il y a 3 ans; traitement régulier par piqûres d'huile grise.

36|—|Chancre il y a 7 ans ; pilules de protoiod. pendant 3 mois. -

37143|Chancre il y a 6 ans ; piqûres pendant

2 mois au début ; syphilid. tertiaires confluentes. ‘

38|28|/Chancre il ÿ a 7 ans; pilules de protoiod. pendant 2 ans ; syphilide circinée ; frictions il y a r mois.

39/54|Chancre ily a 13 ans; gommesil y a 4 ans ; traitement intermittent au moment des accidents.

4o/59|Chancre il y a 13 ans; traitement régulier ; ostéites.

41/56|Chancre il y a 14 ans ; épilepsie.

42] —|Chancreily a 17 ans; 2 mois detraitement.

43156|/Chancreil y a 33 ans ; perforation palatine par gomme il ÿ a 25 ans: traitement irrégulier.

44|38|Ulcérations du fourreau de la verge il y a 2 ans 1/2, en même temps gommes aux jambes ; albuminurie tertiaire; 90 piqü-

È res benzoate ; 100 pilules protoiodure.

45 53|Chancre il y a 30 ans. Leucoplasie ; cancer

de la langue ; Argyll; traitement régu-

lier.

46/49]Syphilis ancienne. Leucoplasie buccale

depuis 2 ans.

56|Leucoplasie buccale. Syphilis.

20/21 Amygdalite depuis 4 mois ; plaques mu-

pie)" nil

—— Te

Réaction | . | |

3] Au À RE LS

La réaction de déviation du complément dans les trypanosomoses et spirochétoses

LANDSTEINER, MuLLer et Porrzz, à l'Institut anatomo-pathologique de Vienne, et à la clinique de dermatologie et de syphiligraphie du professeur Finger (novembre 1907) furent les premiers à montrer que, au cours des trypanosomoses expérimentales, le sérum sanguin subit des modifications appréciables par la méthode qui sert au diagnostic de la syphilis. Ils expérimentèrent avec des extraits aqueux d'organes de nouveau-nés syphilitiques et aussi avec des extraits alcooliques d'organes normaux, et obtinrent des résultats parallèles, résultats qui éveillèrent chez eux, comme nous l’avons vu, des doutes sur l'interprétation primitive du phénomène de la réaction de Wassermann. Ils pensèrent qu'il existe dans le sérum des animaux soumis à l'expérience, des antimatières qui ne sont pas des anticorps proprement dits mais des matières protéiques et plutôt des lipoïdes.

Ces matières ils les retrouvèrent dans les sérums des animaux dourinés (trypanosoma .equiperdum) et notèrent qu’elles peuvent décroître dans le cours de la

maladie.

es

Ils étendirent leurs examens au trypanosoma g'ambiense et constatèrent que, si chez les animaux de contrôle (12 lapins) il se produit exceptionnellement des réactions de fixation, il n’est pas douteux que dans le sérum des lapins infectés par le trypanosome de la maladie du sommeil, on décèle des lipoïdes. Sur neuf animaux infectés, dont le sérum avait été examinéavant l’inoculation et avait donné une réaction négative, huit donnèrent un empèchement complet de l'hémolyse et le neuvième un empêchement faible, lorsque l'infection atteignit son maximum.

LevaniTi et YAMANOUCHI, à la même époque, avaient jugé intéressant de rechercher comment le sérum et le liquide céphalo-rachidien des sujets atteints de maladie du sommeil se comportent vis-à-vis de la réaction de Wassermann. Ils montrèrent que le liquide cérébrospinal d’un sujet atteint de trypanosomose humaine et guéri au moment de l'expérience, examiné par la méthode de déviation du complément, avait donné un résultat négatif. Puis ils eurent l’occasion d'étudier à nouveau le sérum et le liquide céphalo-rachidien de trois autres malades soignés à l'hôpital Pasteur.

Chez le premier, ne présentant plus de trypanosomes dans le sang et le liquide depuis plus d'un an, l’hémolyse fut complète avec le sérum et avec le liquide. Chez le second où on ne décelait plus de parasites depuis une dizaine de mois, l’hémolyse fut légèrement empèchée avec le sérum et complète avec le liquide: Enfin chez le troisième, où les trypanosomes étaient

disparus depuis un an, l’hémolyse fut complète. L'al-

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