‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 20 sur 31 · ALES LUE · texte numérisé non relu

ALES LUE

bumo-diagnostic fut négatif pour ce qui concerne les liquides cérébro-spinaux. En somme dans 4 cas de maladie du sommeil guéris ou en voie de guérison, ni le sérum, ni le liquide méningé ne donnèrent une réaction positive nette.

Ces auteurs firent remarquer qu'on ne pouvait invoquer ces résultats contre l'opinion de Landsteiner et de ses collaborateurs, d’après laquelle les trypanosoinoses devraient être rapprochées de la syphilis au puint de vue de la déviation du complément.

LANDSTEINER, MULLER et PoETzL avaient signalé, dans leurs recherches sür les lapins infectés par le trypanosoma gambiense, que le sérum des lapins témoins pouvait quelquefois jouir de la même propriété antihémolytique que celui des lapins inoculés. Sur 12 de ces animaux, 2 avaient donné un empêchement presque complet, 3un empèchement faible de l’hémolyse.

Levapirr et YAMaANoucuI répétèrent ces recherches et furent frappés du fait que, presque tous les lapins neufs soumis à l’expérience possédaient un sérum qui, en présence de l'extrait de foie, donnait le phénomène de Bordet-Gengou de la façon la plus nette (Blumentbhal et Fleischmann signalèrent le même fait). En effet à des doses de o eme. 05 à ocmc. 50, ce sérum empêchait l’hémolyse (0,2 d'extrait hépatique — 0,05 dé complément — 0,1 d’ambocepteur au dixième). Ils diluèrent alors'le sérum au dixième et constatèrent que, dans un bon nombre de cas, l'infection trypanosomique (Trypanosoma equiperdum : dourine. Trypan. Brucei ; nagana)

produisait effectivement une augmentation dans le pou-

Beaussart 6

LPSC

voir empêchant du sérum vis-à-vis de l’hémolyse, plus appréciable qu'avec le sérum témoin, mais moins manifeste que lorsqu'on expérimente avec le sérum de syphilitiques. C’est ainsi que chez 2 lapins dourines et 2 naganés le pouvoir empêchant du sérum infecté, égalait celui du sérum témoin, et que chez 7 lapins naganés, le pouvoir empêchant du sérum infecté surpassait celui de l’autre. |

Les auteurs en concluèrent que, conformément aux données de Landsteiner et de ses collaborateurs, les trypanosomoses chroniques provoquent chez le lapin une augmentation assez manifeste dü pouvoir antihémolytique du sérum. Toutefois et quel que soit le degré de l'infection, les différences entre le sérum des animaux infectés et celui des témoins n’égalent jamais celles que l’on ‘constate entre le sérum de l’homme syphilitique et celui des individus sains. Cela tient probablement au fait que, déjà le sérum des lapins neufs donne en présence des lipoïdes du foie et à des doses relativement faibles, le phénomène de Wassermann de la façon la plus nette. Ce sérum étant de beaucoup plus riche que le sérum humain, en principes ayant une affinité marquée pour ces lipoïdes, on conçoit que l’augmentation de ces principes soit plus facilement appréciable chez l’homme syphilisé que chez le lapin trypanosomé. |

Etant donnée l’affinité qui existe entre la syphilis et les spirilloses animales, étant donnés les résultats précédents, il était tout indiqué d'appliquer le procédé de

Wassermann à l'étude des propriétés du sérum des ani-

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maux infectés par le spirochète de la tick-fever ou fièore récurrente africaine (Spirochæta Duttoni) et par le Spirillum Gallinarum.

Levapiri et YAMANOUGH1 ont expérimenté avec le rat, le macacus cynomolgus, et la poule, en se servant d’animaux sacrifiés en pleine infection ou après la rechute, au moment où le sérum contenait une grande quantité d'anticorps.

L'expérience fut disposée comme pour le séro-diagnostic de la syphilis.

Ici, comme plus haut avec le lapin, ils ont constaté que certains sérums neufs (rat, singe) donnent de la façon la plus nette la réaction de Wassermann ; de sorte que, pour révéler des diflérences entre ces sérums neufs et ceux des animaux atteints de spirochétoses, ils ont dû recourir à des dilutions au dixième. Or, malgré ces variations, et quoique les sérums fussent très riches en anticorps, ils n’ont jamais réussi à mettre en évidence une augmentation nette du pouvoir empêchant du sérum dans les spiriiloses expérimentales.

Récemment Levapiri et NATTAN-LARRIER ont poursuivi ces expériences et ont recherché si d’autres maladies à protozoaires, et en particulier celles causées par les parasites intra-globulaires, se comportent au point de vue de la réaction de Wassermann comme les trypano-

somoses (1).

C’est ainsi qu'ils ont étudié la piroplasmose canine

1. Il serait intéressant de rechercher la réaction chez les paludiques en accès.

(Piroplasma canis ou Leishmania) en se servant d’un virus qui, inoculé dans le péritoine de jeunes chiens, provoque une infection sanguine mortelle s’accompagnant d'hémoglobinhémie et hémoglobinurie vers la fin de l'infection qui dure d'habitude une huitaine de jours. Chez les 5 animaux sacrifiés vers la fin de l'infection (4, 5.6 et 8 jours) et présentant de nombreux piroplasmes dans leurs hématies, le sérum s’est montré capable de provoquer, quoique faiblement, la fixation du complément en présence d’un extrait hépatique riche en lipoïdes. Le sérum des chiens normaux pris comme témoins a été tout à fait inactif.

En outre, ils ont recherché les variations de la richesse en complément hémolytique du sérum des animaux infectés, conformément à ce qui avait été observé par Hartoch et Yakimoff chez les cobayes inoculés avec le trypanosome du nagana (Trypan. Brucei), de la dourine (Trypan. équiperdum), et du surra (Trypau. Evansi).

Ils ont constaté que, dans un certain nombre de cas, et surtout chez les chiens très infectés, la teneur était sensiblement inférieure à celle des sérums témoins.

En résumé les trypanosomoses provoquent des modilications du sérum, appréciables par le séro-diagnostic de Wassermann. Par suite des changements dans sa constitution,ce sérum devient facilement précipitable par les extraits d'organes riches en lipoïdes et fixe le complément dès qu'il se trouve en présence de ces lipoïdes.

I ne s’agit donc pas d’une réaction due à un anticorps

et à un antigène spécifiques, mais d'un simple phéno-

mène de précipitation exagérée, identique à celui que l'on trouve dans la syphilis.

La réaction de Wassermann devient done une méthode qui sert à diagnostiquer non une seule maladie: la syphilis, mais tout un groupe d’affections qui. se rapprochent de cette dernière par leur agent pathogène ; c’est une réaction des protozoaires flagellés.

Cette constatation est-elle faite pour enlever au sérodiagnostic de la syphilis son intérêt ? La plupart des auteurs ne le pensent pas.

Si toutes ces maladies ont un lien de parenté de par leur agent étiologique, elles sont bien différentes, au point de vue clinique, de la syphilis, si ce n’est le pian. De plus l'absence ou la rareté de trypanosomoses dans nos contrées tempérées, rend impossible la confusion avec la vérole, de sorte que la réaction de Wassermann peut conserver de sa valeur pratique.

Étiologie de la paralysie générale et syphilis expérimentale :

Réaction de Wassermann

Aucune question de la pathologie mentale n’a été plus discutée que celle qui concerne les rapports de la syphilis et de la paralysie générale.

Malgré les innombrables travaux effectués à ce sujet, malgré les nombreuses statistiques et les minutieuses enquêtes entreprises en ce sens, cette importante question est encore actuellement sans avoir obtenu une solution définitive. Les auteurs continuent à avoir des opinions très diverses, et maintenant, comme auparavant, à l’occasion des discussions soutenues aux di‘érents congrès, aux différentes sociétés médicales, on retrouve les mêmes groupes opposés parmi les neurologistes, pychiatres et syphiligraphes. Les uns considèrent la syphilis comme le facteur causal effectif de la paralysie générale. Parmi ceux-ci, Fournier, un des premiers, s’est eflorcé de démontrer, par des faits et des statistiques qui paraissent indiscutables, que la maladie de Bayle reconnaît comme origine une infection syphilitique ayant évolué plus ou moins longtemps avant l'éclosion des phénomènes cérébraux et somatiques (Fréquence

extrême des antécédents de syphilis chez les paralytiques

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