‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 23 sur 31 · AR AN · texte numérisé non relu

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rédo-syphilis. Dans tous ces cas le séro-diagnostic a été positif soit avec le sérum, soit avec le liquide.

A la première période nous notons que le sérum a réagi positivement neuf fois et le liquide quatre fois (o syphilis) ; à la deuxième période, le sérum cinq fois et le liquide six fois (8 syphilis) ; à la troisième période, le sérum trois fois et le liquide dix-neuf fois (19 sypbhilis). Mais les données fournies par l’anamnèse ne peu-

vent pas être considérées comme rigoureuses au point

de vue étiologique ; la syphilis existait certainement chez

nos malades dans beaucoup plus de cas ; il faut compter avec les sujets qui n'avouent pas volontiers leur tare ou qui l’oublient ; de plus ce sont en général des syphilis bénignes que les porteurs ont négligé de soigner ou qui sont passées inaperçues d’eux qui produisent la paralysie générale.

Est-ce à dire que toutes les paralysies générales sont syphilitique : non, certes.

Dans toutes les statistiques publiées, le taux des réactions positives n’atteint pas 100 0/0 ; et même si l’on compte avec les cas d’étiologie syphilitique qui n'ont pas réagi il reste encore un certain nombre de réactions négatives qui peuvent concerner des paralysies saturnines, alcooliques ou d'autre nature (certains auteurs tendent à réserver l'étiquette de pseudo-paralysie générale à ces méningo-encéphalites non spécifiques). Cependant il faut faire remarquer que si le pourcentage des réactions positives est encore assez élevé, c'est probablement, « que les paralysies générales syphilitiques

sont de toutes les paralysies générales, les plus com-

munes et de beaucoup, celles qui ont toujours servi de modèle pour les descriptions classiques, celles qu'on a toujours dépeintes sans le savoir, sans tenir compte de leur origine syphilitique » (Fournier) et que ce sont de semblables paralysies générales qui ont servi aux études de séro-diagnostic.

Dans nos expériences nous nous sommes attachés à pratiquer, parallèlement à l’examen hémolytique, l’examen cytololique et l’albumo-diagnostic. Dans tous les cas de paralysie nous avons constaté une leucocytose plus ou moins abondante s’accompagnant d’une réaction albumineuse équivalente. Dès le début de nos recherches nous avions pensé que la réaction hémolytique était une traduction de la richesse du liquide céphalorachidien en principes albumineux et cellulaires ; mais un certain nombre de réactions nous ont montré l’absence de tout rapport constant entre la présence de lymphocytose dans le liquide et sa teneur en substances capables d'empêcher l’hémolyse. Il a été fréquent de rencontrer des liquides donnant une réaction nulle et qui cependant contenaient une quantité énorme de globules blancs.

Les cas 38, 41, 44 de notre tableau concernaient des paralytiques, avec antécédents syphilitiques précis chez deux d’entre eux et accidents d'intoxication saturnine.

Chez le premier de ces malades où la syphilis n’était pas avouée nous avons obtenu une réaction négative avec le sérum et très positive avec le liquide (Iymphocytes et albumine en grosse proportion) ; chez le deu-

xième, qui avait déjà un an auparavant fourni une réaction /

négative avec le liquide, le sérum fut faiblement positif et le liquide moyennement positif {ly RDHOPNES et albumire en moyenne quantité.)

Chez le troisième dont la syphilis datait de vingt-cinq ans, la réaction sérique fut moyennement positive et la réaction avec le liquide négative GYmpReGNTES et albumine en petite quantité).

On pourrait dans le premier cas ineriminer le plomb pour la non production de l'hénolyse, surtout que l'absence de réaction positive avec le sérum ne laisse pas soupçonner de syphilis; ur nous avons eu l'occasion d'examiner un liquide céphalo-rachidien fortement chargé de leucocyies, contenant des traces de plomb et prélevé chez un travailleur de minium atteint de myélite saturnine; nous ne pümes à plusieurs reprises oblenir de réaction positive avec ce liquide. 11 nous est donc permis de penser qu’il ne s’agit pas de paraly sie générale saturnine chez notre premier malade.

Chez le dernier, il est fort probable, étant donnée la longue date de début de la syphilis, qu'il s'agissait cette fois de paralysie générale saturnine ayant produit une légère lymphocytose.

Dans le même ordre d'idée nous avons mis à part 4 cas de paralysie générale avec alcoolisme noté dans les antécédents (5, 51, 61,85); deux avaient une syphilis avérée ; chez ceux-ci à noter une réaction sérique-négative et une réaction fortement positive avec le liquide (lymphocytes et albumine en moyenne quantité) ; chez

les deux autres une réaction faiblement positive avec le

ne 194 —

liquide spinal {lymphocytes et albumine en faible proportion).

Cinq autres cas d'alcoolisme chronique avec démence, syndrome de Korsakoff, où la syphilis ne pouvait être mise en cause, nous ont donné un résultat négatif (voir tableau : aliénation mentale).

Par contre deux autres cas étiquetés alcoolisme chronique, avec accidents subaigus, nous ont fourni un diagnostic sérique négatif et une séro-réaction avec liquide positive (lymphocytes et albumine). S'agissait-il dans ces deux cas d’une paralysie générale syphilitique : cela est à penser ; on sait combien épineux est parfois le diagnostic entre une manifestation aiguë ou subaiguë de l'alcoolisme chronique et une paralysie générale ; on a donné la lymphocytose comme moyen de trancher la difficulté : dans nos cas celle-ci était existante.

Nous avons reponctionné quelques-uns des paralytiques dont le liquide céphalo-rachidien avait été une première fois étudié par Marie et Levaditi (Ann. Inst. Past.)

Quatre d’entre eux (13, 15, 20, 23) ont été rangés dans la première période :

Deux n'avaient pas réagi positivement ; leur liquide nous a fourni deux réactions positives faibles, leur sérum une réaction négative et faiblement positive. Les deux autres qui n'avaient donné qu’une faible déviation du complément, nous ont donné une réaction positive plus forte ; leurs sérums étaient respectivement positif et négatif.

Quatre autres ont été classés dans la deuxième période (26, 29, 41, 46).

Trois d’entre eux qui avaient présenté un sérodiagnostic négatif ont leur liquide qui a réagi assez fortement et leur sérum qui a été pour chacun d’eux positif, négatif et négatif. Le quatrième liquide positif à un faible degré la première fois l'a été plus fortement cette fois ; le sérum l’a été légèrement.

Enfin deux autres malades, à la troisième période de l'aflection (51, 76) à réaction faiblement positive en 1907, ont très fortement réagi.

On voit par ces résultats que les progrès plus ou moins lents dela maladie ont fourni des réactions avec le liquide plus ou moins fortes.

Nous terminerons en disant quelques mots de plusieurs cas de syplulis conjugale qui ont mené leurs porteurs à la paralysie générale ou au tabes.

Un premier de ces cas concerne (54) un homme de

quarante-neuf ans qui a été contaminé à vingt-deux ans ;

* sa femme est morte paralytique en 1906. L'homme seul,

qui était à la troisième période de l'affection, a fourni une réaction sérique négative et une réaction avec le liquide très fortement positive ; la femme n’a pas été ponctionnée.

Un second cas de syphilis conjugale (69) concerne l’homme qui est paralytique (troisième période) et la femme qui est tabétique (tabes frustre.) La première femme du mari est morte paralytique. Le sérum de l'homme a réagi négativement ; le liquide a fourni une

réaction moyennement positive. Le sérum et le liquide

-de la femme ont réagi d’une façon moyennement positive. |

Dans un troisième cas (78) l’homme seul a été ponctionné; son liquide a dévié le complément d’une façon moyenne.

Dans un quatrième (67-68), l’homme, syphilisé à vingt-six ans, dans la troisième période de la paralysie générale, a donné une réaction négative avec son sérum, une positive avec son liquide ; la femme a son sérum qui a réagi positivement.

Enfin un cinquième cas (89-90) a trait à un couple dont l’homme, à la deuxième période de la paralysie générale, a montré une réaction positive avec le liquide: dont la femme, à la première période, a son sérum seul qui a

réagi positivement.

La réaction de Wassermann dans le tabes, la syphilis cérébrale, les maladies mentales |

Nous venons de rapporter les statistiques des auteur$ qui ont recherché la déviation du complément dans la paralysie générale; nous venons d’exposer les considé rations qui découlent de l'étude du liquide céphalorachidien des mêmes paralytiques, il nous reste maint e nant à examiper la question de la spécificité de la réa c tion de Wassermann en ce qui concerne la paralysie générale : une réaction positive obtenue avec un liquidcéphalo-rachidien donné doit-elle entrainer le diagnostic de paralysie général: (syphilitique), ou peut-elle se prée senter avec d’autres affections syphilitiques du système nerveux ? Pour élucider ce point nous allons voir successivement les résultats obtenus, pour la recherche des anticorps, dans le tabes, la syphilis cérébrale, et diffé-

rentes formes d'aliénation mentale.

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