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lade employantle mode de réaction des persécutés-persécuteurs bien que ne faisant pas partie de ce groupe.
Il s'agissait d'une femme qui, à la suite d'interprétations délirantes, d'hallucinations de l’ouïe, avait échafaudé tout un roman.
Elle croyait que sa fille avait été coupée en morceaux, refusant de la reconnaitre quand elle venait la voir.
Elle se mit en campagne pour attendre les assassins de sa fille, avec une opiniâtreté infatigable. Elle s'adressa à toutes les autorités et finit par se faire arrêter volontairement pour attirer sur le crime imaginaire l'attention de lajustice.
Nous rapporterons ici l'observation d'une malade dégénérée avec hallucinations de l’ouïe et idées de persécution qui a réagi à la manière des persécutés-persécuteurs. Mais la présence des troubles psycho-sensoriels ayant amenéle délire el dominant le tableau clinique montre bien que cette malade ne doit pas être rangée parmi les malades que nous étudions.
OBSERVATION X (personnelle).
Dégénérescence mentale. Hallucination de la vue. Hallucinations constantes de l’ouie conduisant le délire. Echo de la pensée. Troubles de la sensibilité générale. Idées de persécution systématisées. Tentative d’assassinat.
Laurence L... est âgée de 33 ans et n'a pas d’antécédents héréditaires connus, elle ne présenta rien de particulier pendant sa jeunesse ni Son adolescence.
Mariée en 1888, elle fut abandonnée au bout de 2 ans par son mari. Elle semble avoir eu à cette époque quelques hallucinations de l’ouie car elle raconte avoir entendu la voix de sa sœur pendant son mariage.
Laurence L... se plaça comme couturière dans plusieurs maisons et ce fut pendant l’année 1890 que commencèrent les troubles délirants. Un jour «elle fut saisie par une lueur blanche qui lui génait la vue » ; en même temps « on communiquait avec elle à distance ».
« Elle se disait, quelqu'un me parle et je ne le vois pas, comment
se fait-il qu'on me réponde sur ce que je pense. » La voix venait directement à son oreille comme si on lui parlait.
Elle ne se sentait pas libre de sa personne. Elle ne pouvait rien entreprendre. Elle était exploitée par quelqu'un qui lui prenait ses pensées, se mettait en son lieu et place. Elle entendait directement la réponse émanée d’une personne voisine.
Sa chambre était calfeutrée, ses doubles rideaux soigneusement fermés et, malgré cela, ses interlocuteurs se rendaient compte de tous ses actes. C’étaient des rires continuels qui se moquaient de ses angoisses el lui répétaient « on vous arrètera comme folle ». Elle croyait — et croit encore — qu’une personne peut être influen- -cée par une autre.
Louise L... resta deux ans dans cet état, ne laissant rien paraitre de ses souffrances, continuant ses occupations.
En février 1892, elle vit dans un journal un article de Joséphin P... qui semblait la concerner. IL expliquait qu'on pouvait prendre la pensée d’une autre personne : « Qui croirait qu'on puisse encore parler de magie au xixe siècle ? » É
En lisant cet article, la malade se reconnut et se dit: « Je finis enfin par découvrir l'homme qui m'influence, je sais maintenant son nom.» Elle alla aux bureaux du journal où on lui donna l'adresse du colonel de R..., avec lequel elle entra aussitôt en relations (avril 1892). Elle lui raconta tout au long les hallucinations qu'elle éprouvait : ne serait-elle pas par hasard suggestionnée par Josephin P... — M. de R... la tranquillisa, lui, promit de s’occuper d’elle, et de la débarrasser de « ses obsessions. »
Il resta en correspondance avec elle, la recevant chez lui; et un jour même il lui envoya une brochure où l’on parlait d'une nouvelle découverte en hypnose faite par les Charcot, Bernhein, Luys, ete. à propos de l'affaire Eyraud-Bompard.
Cest alors qu'elle se figura être mêlée à ce procès et crut que ces docteurs se servant de sa personne pour leurs expériences étaient la cause de ses hallucinations.
Dans une lettre, où la malade retrace ses impressions, nous lisons: « A la lecture de cet article, j'étais fixée sur le compte des personnes avec lesquelles j'étais en rapport ; ne m'étant jamais prêlée de bonne grace à ces sortes de ces choses, j'ai compris que par expériences seulement on avait pu agir sur moi. »
Voulant s'affranchir du joug de ses soi-disant persécuteurs, elle s’en fut trouver un professeur de la faculté, M. le Docteur Gariel le priant de prendre sa défense et de la débarrasser de ses encombrants ennemis,