LP TES
une existence bizarre, changent à chaque instant de profession pour éviter des déboires qui les accompagneront partout. Leur vie est agitée, stérile. Ils se font prêtres, soldats, voyageurs, se marient, divorcent, Lombent dans une vie de débauches qu'ils quittent brusquement pour étonner le monde par la régularité de leur conduite.
Le point le plus saillant de l’état mental des persécutés-persécuteurs est sans contredit leur orgueil démesuré.
« D'une vanité sans bornes, ils se croient appelés aux destinées les plus hautes. L’un parle de son esprit étincelant, de son àme divine, l’autre de son cerveau qui pourrait compter comme une des lumières du siècle.
Partout où ils passent, ils laissent des traces ineffacables ; ils excitent l’étonnement. « On venait, disait Mariotti, me voir travailier comme une chose curieuse ». Toutce qu'ils pensent, tout ce qu'ils fontest frappé au coin du plus rare mérite. « Mes meilleures poésies, mes admirables Noëls » écrivait Cotton. El notez qu'il ne peuvent se fixer nulle part, que leur inquiète instabilité, ue leur permet ni ordre, ni persévérance dans le travail. Ils laissent entendre cependant que leur talent est bien près du génie (1). »
Cette exagération vaniteuse de la personnalité, se retrouve au plus haut degré chez tous les persécutés-persécuteurs, elle se manifeste dès l'enfance et ne fait que croître avec l'âge. C'est elle qui domine toute leur existence et devient la eause la plus active de leurs idées délirantes.
Leur amour-propre exagéré, les pousse, en effet, à se considérer comme des intelligences incomprises, comme des victimes. Au lieu d'imputer à leurs dispositions morales défectueuses les déboires de l'existence, ils entrent en rébellion contre la société, incapables de trouver dans les relations sociales, les satisfactions qu'ils convoitent.
Cette hypertrophie du moi, les pousse à tout rapporter à leur personnalité. Hs sont seuls capables de penser, de juger, d'écrire, rien n'existe au dehors d'eux.
Une de nos malades, Berthe Y. se croyant de grands talents de sculpteur fait des plâtres qu'elle signe orgueilleusement :
(4) Macxax. Clinique des maladies mentales (Progrès médical, 189%).
er ECS Berthe Y..., élève d'elle-même. Une autre perséculée-persécutrice célèbre, arrêtée pour être entrée à cheval dans la cour de l'Elysée avait rédigé la proclamation suivante qu’on a pu lire sur les murs de Paris :