KYSTES DES MACHOIRES
On a décrit sous ce nom une multitude d’affections de nature tellement différente qu’il est impossible de donner une définition qui les comprenne toutes. Je ne les énumérerai pas non plus , l’historique les fera connaître. Si l’on voulait préciser le sens du mot kyste et ne donner ce nom qu’aux tumeurs dans lesquelles il existe une poche membraneuse pathologiquement développée , close de toutes parts , distincte des tissus ambiants , comme le veut M. Velpeau* capable de réagir sur les produits qu'elle contient, comme l’indiquent les auteurs du Compendium , presque toute confusion cesserait. Pourquoi ne pas faire aujourd’hui ce qui nous paraît indispensable pour l’avenir ? Nous serons conséquent avec les opinions que nous avons émises dans notre avant-propos , et nous diviserons notre sujet en trois sections.
1° Les kystes des mâchoires, caractérisés comme nous venons de le dire.
2° Les cavités closes accidentelles des mâchoires . Ici nous étendons au tissu osseux les considérations que M. Velpeau a fait intervenir pour les parties molles. Ce qui est vrai et utile pour elles, doit l’être nécessairement pour les os. ou, alors, ce qu’on appelle kyste n’est pas une espèce morbide; c’est un protée dont les formes multiples finiront par devenir insaisissables. Nous admettons donc pour les mâchoires des cavités closes accidentelles , c’est-à-dire des écartements normaux , anormaux ou pathologiques des tissus des mâchoires, de simples cavités creusées dans leur propre substance.
3° Les tumeurs enkijstèes des mâchoires , produits très divers, décrits à tort sous le nom de kyste des mâchoires, et qui n’ont avec eux que des traits d’une ressemblance tellement imparfaite, qu’ils doivent en être complètement séparés ; pour cette raison nous n’en parlerons pas.
Inévitablement , le manque de descriptions anatomiques et la confusion qui régnait dans l’esprit des auteurs au sujet des tumeurs des mâchoires, rendra souvent difficile, parfois incertain , le classement des faits observés par nos devanciers; mais, c’est là un obstacle qu’on rencontre toutes les fois qu’on veut séparer des groupes confondus , et qui ne peut que mettre en évidence les avantages d’une classification méthodique.
Ces trois divisions principales ne nous feront pas perdre de vue une autre classification importante dans l’étude des affections d’une région bien limitée; je veux parler de celle qui est fondée sur la distinction des sièges divers que les kystes peuvent occuper; mais ce siège sera souvent très difficileà déterminer d’une manière précise. Enfin nous n’omettrons pas non plus de distinguer les kystes d’après les produits qu’ils renferment; car, si cette dernière divi-
sion n’a pas d’importance fondamentale , elle peut fournir des indications utiles à la thérapeutique.