IV. —Procédé Duroy
M. Duroy suit, quant aux quantités de matières employées dans la fabrication du chloroforme , celles indiquées par MM. Laroque et Huraut.
L’appareil seul est modifié. Au serpentin d’un alambic ordinaire est adapté un flacon à deux tubulures portant à sa partie inférieure un robinet.
Ce robinet sert à fractionner les produits vers la fin de la distillation du chloroforme.
Il est indispensable quand on veut faire plusieurs distillations successives ; il dispense de déluter chaque fois le récipient.
La première tubulure de ce flacon est ajustée au bec du serpentin avec un bouchon percé. De la deuxième tubulure part un tube recourbé dont la branche la plus longue peut plonger jusqu’aux trois quarts dans une grande éprouvette fermée par un bouchon. De cette éprouvette sort un deuxième tube courbé qui se rend dans une éprouvette disposée de la même manière. Celle-ci communique à son tour à quelques flacons de Woulf. Les épro'uvettes sont destinées à condenser le chloroforme qui est transporté au delà du premier récipient par les gaz qui se dégagent pendant l’opération. Pour que le chloroforme soit bien condensé, il faut les placer dans un bocal ou mieux dans un petit vase en bois contenant un mélange frigorifique.
D’après M. Duroy il est aussi indispensable d’ajouter au sommet du chapiteau un gros tube de sûreté en boule, d’un diamètre en rapport avec l’appareil pour livrer passage aux gaz si l’opération marchait trop vite.
L’opération terminée on trouve en moyenne dans le flacon du récipient soixante parties de chloroforme, dans la première éprouvette sept parties et dans la deuxième trois parties.
L’eau des flacons de Woulf est encore très-odorante et très-sucrée
(cette eau peut être employée à une autre opération), et le gaz qu’on recueille à l’extrémité porte encore l’odeur du chloroforme.
Par cette modification, on gagne environ le septième du produit. Ce résultat mérite d’être considéré, surtout dans une grande fabrication.
Le choroforme des éprouvettes a cela d’avantageux qu’il est rectifié, limpide, d’une odeur plus suave ; en un mot, il est très-pur.
M. Duroy a été amené à disposer cet appareil, parce qu’il a pensé que l’on pourrait attribuer la cause de la perte d’une partie du chloroforme à l’oxygène , et que c’est à sa production qu’est due cette réaction si vive, cette effervescence, qui ferait monter les matières du bain-marie jusque dans le serpentin, au point de faire sauter l’appareil si l’on distillait à feu nu , sans modérer et retirer le combustible à temps.
« N’est-ce pas ce gaz , dit ce savant pharmacien, qui empêche la » condensation complète du chloroforme, qui s’en sature et l’en- » traîne dans le laboratoire à defaut de réfrigérant ? » Une preuve de cette vérité, c’est que lorsqu’on rectifie le chloroforme, le gaz étant absent, le serpentin suffit pour le condenser en totalité.
D’après nos expériences, nous pensons que, dans les laboratoires de nos pharmacies, on doit donner la préférence à l’appareil de M. Duroy.
La grande quantité de produit qu’il donne en démontre suffisamment l’avantage.
Y. — Procédé de M. Pierloz-Feldman , de Liège.
Par ce procédé, on soumet à la distillation, dans un alambic avec bain-marie, le mélange suivant :
Éther chlorhydrique. 250 grammes.
Alcool k 39“.125 —
Hypochlorite calcique alcalin 2 kilogrammes.
Eau. 4 —
On opère comme il a été dit précédemment.
Le produit de la distillation purifié représente 90 grammes de chloroforme. La liqueur qui surnage le chloroforme, ainsi que les eaux de lavage, sont employées dans une préparation ultérieure, parce qu’elles renferment de l’alcool et de l’éther chlorhydrique. La formule suivante semble donner l’explication de la réaction qui a lieu en opérant d’après ce procédé.
C 2 H ,0 Cl 2 + C"H 12 0 2 + 8(Cl 2 0,Ca0) + Cl 2 Ca = C 2 H 2 C1° +