‹ Thèse sur le chloroformeChapitre 5 sur 25 · PROPRIÉTÉS PHYSIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES

Le chloroforme est un liquide incolore, d’une odeur éthérée trèsagréable, reppelant celle de la pomme de reinette, sa saveur est sucrée et très-chaude ; contrairement à beaucoup de préparations chlorées, il ne prend pas à la gorge.

Sa densité est de 1,491 à -f- 17° (Malaguti), c’est-à-dire une fois et demie celle de l’eau. A + 18° elle est égale à 1,48 (Dumas).

A l’aréomètre pour les acides il marque 48 degrés. Lorsque ce degré est inférieur, on doit regarder le chloroforme comme impur et non entièrement privé d’alcool ou d’eau.

11 bout à - 1 - 60°,8 (Dumas) ; suivant Malaguti son degré d’ébullition un peu supérieur est de 4 - 61°; sa densité de vapeur est de 4°,2.

Le chloroforme est très-volatil. Projeté sur un double filtre de papier joseph, par sa fluidité et sa pesanteur, il passe en grande partie au travers du papier, tandis qu’une autre partie s’évaporant rapidement sur les bords du filtre, produit assez de froid pour s’y solidifier en houppes blanches soyeuses qui se conservent quelques instants.

Cette propriété intéressante, dont jouit le chloroforme, de se solidifier par le seul fait de son évaporation, ne s’est encore rencontrée que dans l’acide cyanhydrique (Soubeiran).

Le chloroforme n’est point inflammable, cependant quelques auteurs admettent qu’il brûle avec une flamme jaune fuligineuse, lorsqu’on le

projette sur les charbons ardents ; mais nous devons dire, d’après nos expériences, que ce n’est rien moins que prouvé pour nous.

Mélangé en certaine proportion avec de l’alcool et de l’éther, il brûle avec une flamme verte et répand une fumée noire et épaisse d’odeur piquante.

Une baguette de verre qui en est imprégnée, placée dans la flamme de l’alcool, donne lieu au même phénomène.

L’huile du gaz oléfiant s’enflamme facilement dans les mêmes circonstances et brûle avec une flamme grande et lumineuse, dont le bord inférieur se trouve coloré en vert (Dumas).

Il se dissout en petite proportion dans l’alcool et l’éther.

L’éther, d’après M. Duroy, jouit de la propriété de soustraire à l’eau le chloroforme qu’elle tient en dissolution.

D’après ce savant chimiste, lorsqu’on mélange 20 gouttes de chloroforme dans un tube avec quelques grammes d’eau, après l’avoir agité, on voit le chloroforme divisé, et non dissous, se réunir au bas du tube ; si l’on y ajoute 2 à 3 grammes d’éther et qu’on agite encore, l’éther saisit le chloroforme et l’amène à la surface de l’eau.

Après avoir décanté le produit surnageant, l’eau se trouve ainsi privée de chloroforme, M. Duroy a appliqué cette découverte à la recherche du chloroforme en toxicologie (voir page 69).

Action de la lumière. — Le chloroforme réfracte fortement la lumière. Exposé aux rayons directs du soleil, il se décompose en acide chlorhydrique et en chlorure de carbone C 2 C1 8 qui bout à 78°, et dont la vapeur pèse 5,30 (Hegnault).

Action de l'électricité. — L’action que l’électricité peut exercer sur le chloroforme, n’est pas, je pense, encore connue.

Action de la chaleur. — État sphéroïdal. — D’après nos expériences, le chloroforme versé dans une capsule de platine chauffée au rouge entre à Y état sphéroïdal , et éprouve, dans cette condition, une décomposition partielle. Il se dégage, en effet, une odeur de chlore très-ap- •préciable, et au moment où le sphéroïde disparaît totalement, on voit se produire un scintillement dû sans doute à la combinaison d’une petite quantité de carbone avec l’oxygène de l’air.

On peut rendre l’expérience plus probante en remplaçant la capsule de platine par une capsule d’argent, car, dans ce cas, il se produit du chlorure argentique qu’on peut dissoudre en passant un peu d’ammoniaque dans la capsule après l’expérience. On isole le chlorure d’argent de la solution ammoniacale en sursaturant celle-ci par l’acide azotique.

Le chloroforme est décomposable par la chaleur.

Lorsqu’on fait passer ses vapeurs à travers un tube chauffé au rouge, il donne pour produit de décomposition du chlore, de l’acide chlorhydrique, du charbon, un corps cristallisé en longues aiguilles blanches: c’est du chlorure de carbone solide.

Si l’appareil n’a pas été purgé d’air avant l’opération, on trouve avec les produits de décomposition de l’acide carbonique et un gaz d’une odeur suffocante.

La formation de ce corps, encore mal connu, est certainement due à l’action de l’oxygène, parce qu’il ne se présente pas lorsqu’on décompose le chloroforme dans le même appareil sans accompagnement d’air (Duroy).

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