‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 12 sur 517 · ACTE I, SCENE IV. ri · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. ri

Mais en vain , dans ces lieux , j'ai cru trouver l'appui

Qu'au prix de tant d'efforts mes soins ont poursuivi;

Mes ennemis, tout prêts à troubler ma retraite,

Ne me laisseront pas où reposer ma tête.

D'un sang trop orgueilleux prévenons le pouvoir ;

Commençons parPallante à tromper leur espoir.

Que sa fille, du sort éprouvant l'injustice ,

Soit un de ces entans qu'on destine au supplice.

Des rejetons d'âgée écartant les débris,

Je n'ai plus après elle à craindre que son fils;

Et déjà sur son sort ma prudence avisée

Partout où je le crains a prévenu Thésée ;

Peu même encor s'en faut que mes vœux satisfaits

N'aient , dans cet étranger, cru découvrir ses traits.

Mais , enfin , j'ai trop craint son imprudente audace ,

Et c'est d'un favori l'ordinaire menace.

Contre un peuple opprimé tout sert nos vœux secrets,

Et, dans son abandon, unit nos intérêts.

Dans l'espoir d'appuyer votre heureuse conquête

Des secours qu'en ces lieux votre pouvoir m'apprête,

Puis-je m'ouvrir à vous ?

TAURUS

Vos désirs sont les miens ; Parlez.

médée.

A la faveur du trône où je parviens, De tant d'hymens détruits épouse inconsolable , Ce n'est pas près d'âgée un charme inépuisable

,2 THESEE.

Qui soutient de mon cœur le tendre empressement-, J'ai d'un autre avenir conçu l'attachement. D'un héros tel que vous la superbe tendresse Peut flatter d'un grand cœur l'ambitieuse ivresse ; Voudriez-vous régner , et, sous un faible roi , Vous emparer d'un trône incliné devant moi ? Je vous offre ma main.

TAURUS

Sur la foi d'une offense , Moi ! renverser un roi dont j'obtiens rallian.ce !

JEgèe accablé d'ans n'aura pointa vieillir-, De Pélie et d'Éson prête à le recueillir La tombe va cacher ses honteuses faiblesses -, Et Médée à la Parque arrache ses promesses. Je ne veux point forcer vos timides aveux A souscrire aux dangers d'un arrêt rigoureux. Il est de ces aveux qu'on ne doit point entendre Et sur qui votre cœur est trop sûr de se rendre. Vous attendez : j'agis ; vous m'aimez: je le crois. Adieu 1 Quant au tribut que demandent vos rois Pour accabler ce peuple auteur de mes alarmes , On peut de mes conseils s'en fier à mes charmes. D'âgée , entre mes mains , je tiens les volontés 5 Il n'est point de tyrans que mon art n'ait domptés.

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