‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 128 sur 517 · ACTE Y, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE III

N'éclaircirez-vous point un secret qui m'offense?

GÉTHÉGUS.

Non, je ne puis. Vous-même, ignorez ces horreurs! Vous en frémiriez trop.

CICÉRON

0 comble de douleurs!

Ma fille?...

CÉTHÉGUS

Elle n'est plus !

CICÉRON

Grands dieux!

£6111* barbarie A , seigneur, dans son $ang épuisé sa furie. Sa perte était jurée, et pour ces assassins Sa mort était l'essai de leurs affreux desseins. Enivrés de son sang répandu par leur rage , Ils marchaient par ce meurtre à leur horrible ouvrage. Rome à leurs mains livrée....

CICÉRON

O ciel ! épargnez -moi S Quel destin pour un père ! Autant que je le doi , Je ressens la douleur d'une perte si grande 5 Mais ce sont d'autres soins que mon pays demande.

( A. Céthégus. )

Et vous avez trempé parmi ces attentats?

CÉTHÉGUS

Oui , j'ai par mes erreurs avancé son trépas $.. Oui, je suis trop coupable!

72 GATILINA.

CICÉRON

Et Lentulus, Lépide, Étaient-ils avec vous de ce complot perfide ?

LENTULUS

Qu'est-il pour nous trahir besoiu de ses aveux ? Oui, nous formions, Romains, ces desseins généreux. Va , cesse d'applaudir ses remords condamnables.

CICÉRON

Vous avez, sénateurs , les aveux des coupables ; Souffrez que je m'arrache à ma propre douleur, Et, sans presser pour moi votre juste rigueur, Ne vous parle, au milieu des larmes que j'essuie, Que du besoin pressant de venger la patrie. Les traîtres sont connus ; vous voyez leur orgueil Jusque dans leur défaite insulter votre deuil. Ils ne vous disent point quelle est leur espérance De tromper vos tiédeurs et votre indifférence , Ni de vous échapper quel espoir répandu Ranime dans les fers leur courage abattu. De la rébellion c'est le dernier outrage , Qui jusque dans sa chaîne exhale encor sa rage; Triomphez d'elle enfin, prononcez leur arrêt; Rome attend votre avis.

SILANUS

Rome! elle en douterait?

Des derniers châtimens l'horreur inusitée Pour ces cruels encor devrait être inventée, Si, pour s'en délivrer, la mort n'existait pas-, Tel est mon sentiment, qu'on les mène au trépas.

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