‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 143 sur 517 · AGAMEMNON, ULYSSE · texte numérisé non relu

AGAMEMNON, ULYSSE

ULYSSE

Aux mânes de la Grèce et du fils de Pelée , La victime, seigneur, va donc être immolée ? Vous voyez , à nos yeux elle craint d'approcher , Comme fuyant l'autel que son cœur vient chercher. Du moins quelques instans, différez son supplice. Ne peut-on empêcher ce triste sacrifice ? Vous-même en l'ordonnant, juge de sa rigueur, N'osez-vous le blâmer ?

AGAMEMNON

Eh ! le puis-je , seigneur ;

i2 HÉCUBE.

Lorsque des dieux sur nous la colère allumée , De ses ordres vengeurs menace cette armée -, Quand jetés sur ces bords nous n'y venons chercher , Que le prix de ce sang versé sur le bûcher ? Voyez de ces rigueurs l'image menaçante , Ce ciel semé d'éclairs , cette mer frémissante. L'Aulide encor présente à mes tristes esprits , Offrait moins de dangers à mes regards surpris, A peine à nos efforts la rame ouvre une voie, La mer gronde.... et l'abîme a ressaisi sa proie. La victime tremblante, et que j'allais sauver, Vient encor sous la main qui la doit captiver -, Debout sur le rivage , Achille la demande , Marque à nos yeux l'autel et désigne l'offrande.

ULVSSE.

Ah ! quelle offrande , ô ciel ! dont je me sens frémir ?

Aux regards d'une mère oserez-vous l'offrir ?

Une vierge timide , et de qui la faiblesse

De ses revers à peine instruisit la noblesse ,

Va s'avancer du trône aux horreurs du trépas ,

Et ce spectacle , ô ciel ! ne vous attendrit pas !

AGAMEMWON.

Je vous entends , seigneur. Mais qui , je puis le dire , Doit sentir moins que moi la pitié qu'il inspire ? N'ai-je donc pas moi-même , et d'un bras triomphant , Pour le salut des Grecs immolé mon enfant? A la fdle des rois à leur sort réunie , Qu'avait fait autrefois ma fille Iphigénie ?

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