‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 144 sur 517 · ACTE I, SCENE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. i

Tout ne me dit-il pas qu'à ces mêmes Troyens J'ai des droits les plus saints immolé les liens ? Et qu'enfin par devoir il est temps que j'expie De ma première erreur le sacrifice impie ? En vain de mes remords croyez-vous m'effrayer -, C'est combattre mes vœux , moins que les appuyer;, Que rouvrir dans mon cœur les pleurs dont je soupire. Il faut, n'en doutez pas, que Polyxène expire ; Qu'un sang que je déteste, à mes pieds répandu , Apaise en s'y mêlant celui que j'ai perdu , Et que Troie en ces lieux achève de s'éteindre , Objet même d'horreur quand il n'est plus à craindre,

ULYSSE

Ah ! si c'est Troie ici que la haine poursuit, Sur ce reste échappé d'un sang qu'elle proscrit , Serait-ce à Polyxène à devoir s'en défendre , Et le sang qu'à la Grèce il convient de répandre ? Songez-y. Ce séjour doit vous instruire assez Du crime et des rigueurs à nos devoirs tracés. Du vieux père d'Hector , un autre fils respire , Ici dans l'infortune, élevé pour l'empire. N'est-ce pas lui plutôt que demandent les dieux? Je ne répugne point à leurs ordres pieux 5 Mais sans leur immoler le sang de l'innocence , Ne puis-je en sa faveur expliquer leur vengeance?

AG AMEMNON.

Poiydore , tel est le nom du fils des rois , Ici pour leur survivre élevé par ses droits;

,4 HECUBE.

Polydore , des Grecs , subira l'humble chaîne , Et vos mains aux autels conduiront Polyxène. Vous ne me rappelez le nom de cet enfant Que pour sauver la sœur du glaive qui l'attend. Est-ce ainsi que des dieux vous servez la justice, Et qu'à ces soins prudens je reconnais Ulysse ?

ULYSSE

Non; mais, seigneur, vous-même, écoutez mieuxleur voix, Et consultez l'oracle une seconde fois ; Avant que , d'une erreur ne commettant le crime , Vous ne vouliez trop tard sauver votre victime.

AG A ME M NON

J'y consens. Oui ; suivons l'ordre qui m'est dicté ; Mais que l'oracle aussi soit soudain consulté. La victime coupable est assez condamnée 5 Est-ce un tort d'en hâter la dernière journée ; Et qu'un peuple envers nous coupable si souvent , Puisse subir en elle un dernier châtiment ?

ULYSSE

Venez ; et faisant taire un feu trop légitime , Laissez quelques momens respirer la victime.

FIN DU PREMIER ACTE

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