D'HAUTE FARD
C'estle train, vois-tu bien, des hommes d'aujourd'hui.
Que ferait un bourru d'une femme charmante?
C'est à nous qu'il convient de fixer une amante;
A nous qu'échoit le don de primer en amour,
Et de cueillir la fleur de la plus fine cour.
Eh ! dis-moi? Par les soins que le cœur te conseille ,
Puis-je obtenir de toi cette rare merveille ?
FINETTE
Pourquoi non ?
46 l'original ,
D'HAUTEFARD.
C'est bien dit; sur toi je puis compter. Adieu donc j plus long-temps je ne puis m'arrête* ; Mais sois sûre des soins dont je paîrai ton zèle Et dis-m'en sur parole encor cette nouvelle? Qu'est-ce que ce jeune homme, arrivé d'aujourd'hui Chez monsieur Dorimont et qui doit être ici ?
FINETTE
Eh ! qui sait ? Un rival peut-être fort à craindre. Je ne pourrais au fond fort bien vous le de'peindre , Ni vous dire non plus s'il est fort amoureux ; Mais au premier abord je le crois dangereux.
D'HAUTEFARD.
Dangereux! Et son nom?
FINETTE
Je ne puis vous le dire.
D'HAUTEFARD.
Serais-tu par hazard d'accord pour l'introduire ? Friponne, en nous servant; prends garde de broncher! Car tout va se savoir et l'on le fait chercher.