CLITON, FINETTE
CLITON
Eh bien!quem'apprends-lu? Dis; suis-je assez heureux? As-tu pu rencontrer cet objet de mes vœux ■■> Et l'as-tu disposée à se montrer sensible?
FINETTE
Eh, mon Dieu ! Sur ceci soyez donc bien paisible. Tout vient à point , dit-on , qui sait attendre assez, Et vos succès, par moi , vous seront annoncés. Je n'ai pu l'aborder pour en avoir réponse ; Mais voici du nouveau qu'il faut qu'on vous annonce: Le marquis d'Hautefard devient votre rival , Veut se pousser près d'elle en vous mettant à mal Et vient de me charger de cette double affaire.
CLITON
Ce marquis si couru , cet ami de ma mère?
FINETTE
Ami de Dorimont ! C'est l'usage aujourd'hui Chez les gens du bel air, de tromper un ami.
Hélas ! je suis perdu: je vois la différence D'un rival si brillant à mon insuffisance.
FINETTE
Lui ! vous le croyez tel parce qu'il est usé,, Et du siècle passé le héros méprisé.
4 8 l'original,
Allez, ne craignez rien; je connais Eliante, Et ne crois pas pour lui son ardeur si pressante. Si vous êtes plus jeune, elle n'est plus enfant ; Et saura distinguer son insipide amant, D'un jeune amant tout frais, occupé d'elle seule 5 Et qui n'a point conté fleurette à son aïeule. Déplus autre nouvelle ! Il vous faut dérober A l'œil de Dorimont sur vous prêt à tomber, Et qui , sans hésiter, vous livre à votre mère.
GLIÏON.
Autre embarras !
FINETTE
Pourquoi ? Voyez la belle affaire !
N'avez-vous donc personne ici pour vous servir?
CLITON
Si; Crispin, un valet y pourra réussir: Il fut à mon service.
FINETTE
Employez son adresse , Lorsque je vais agir auprès de ma maîtresse. Crispin et moi , monsieur, feront votre bonheur.
Et je vais m'enaployer au vôtre de bon cœur.
FIN DU SECOND ACTE