ACTE II, SCÈNE VI
Et s'il vous faut du monstre ordonner la défaite, Laissez-m'en à vos pieds faire tomber la tête.
MEDEE
Voilà par quels discours vous allez insulter La foi d un ennemi prêt à se révolter! Voilà par quels exploits votre jalouse rage S'arme contre une paix qui n'est pas votre ouvrage! Et vous, témoin muet de son emportement, Qui souffrez devant vous cet outrage insolent, Seigneur, vous l'entendez; roi faible et sans puissance, Flattez bien d'un sujet laitière obéissance , De tous vos ennemis déchaînez le courroux Si long-temps réprimé par mes efforts jaloux. Désormais, quelque affront dont leur coupable audace De mes efforts pour vous conjure la menace , D'un désastre certain loin de vous plaindre à moi, N'accusez de vos maux que ce vulgaire effroi, Et privé du pouvoir que votre âge abandonne, D'une oisive pitié cherchez qui vous pardonne.