‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 249 sur 517 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

Songez à vous former; prenez des mœurs, un ton, Qui soient d'un honnête homme et non pas d'un Caton, Des mœurs dignes de vous et de votre naissance.

CLITON

Je puis, avec plus d^ge et plus d'expérience, Un jour régler mes mœurs sur des avis pareils ; Et qui n'a dans sa vie eu besoin de conseils? Tel se suppose exempt des leçons qu'il nous donne, Qui , quelquefois, en a plus besoin que personne. Et par exemple ici , sur cet arrêt flatteur Où vous jugez du siècle avec tant de hauteur; Non ; je ne croirai point, malgré ce ton sublime Qui nous semble envier Fhonneur de votre estime; Je ne crois pas, monsieur, que l'esprit, le savoir, Aient de nous nuire en rien le droit et le pouvoir. On peut, avec l'étude aux belles connaissances, Joindre le ton du monde et l'art des biense'ances. Enfin nos jeunes gens, par vous tant dédaignez, Valent bien ceux du temps que vous nous dépeignez; Buveurs, joueurs, escrocs : aux clartés des bougies, Des mœurs du cabaret rappelant les orgies; Savans en vins fumeux de Champagne et d'Aï , Et du beau monde ainsi suivant le ton poli. Vous reconnaissez-vous à ce portrait fidèle? Je puis^ par imprudence , en suivre le modèle; Mais soyez sûr qu'au moins je n'imiterai pas, Dans leurs vils procédés, certains flatteurs si bas Qui , de la politesse adorant les entraves , S'en montrent moins jaiouxqu'ilsn'en sont lcsesclaves :

76 l'original ?

D'affectueux dehors ne semblent se couvrir Que pour mieux abuser ceux qu'ils veulent trahir ; Et des divisions , dont leur haine est prodigue , Savent habilement mettre à profit l'intrigue.

D'HAUTEFARD.

Voudriez-vous par-là m' accuser?

CLITON

J'en convien, C'est de tromper ma mère en lui voulant du bien mr De ne déprécier l'union d'Eliante Que pour en convoiter la chaîne humiliante; Et vous accomoder des grands défauts qu'elle al

D'HAUTEFARD , à Madame de Rainville.

Vous croiriez?...

Madame de RAINVILLE, à Cliton.

Vous pouvez lui manquer jusque-là?

( à d'Haute fard. ) Toute explication deviendrait inutile ,

Marquis; et je vous crois d'un goût trop difficile. Vous avez entendu ce que je vous prescris ? Mon fils, obéissez; il le faut.

CLITON

Je ne puis.

FIN DU TROISIÈME ACTE

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