‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 364 sur 517 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

d'osmond.

Je vous vois à regret le funeste penchant D'approuver votre faute en vous la reprochant. Fuir le monde! et pourquoi?

OCTAVE

Monsieur, que vous dirai-je?

Si j'ai de le hlâmer le triste privilège, Est-ce ma faute à moi? Ce que je sais, hélas! C'est en cherchant la paix que mon cœur ne l'a pas.

d'osmond.

Vous ?

OCTAVE

Moi. Je vous surprends. Vous condamnez de même De mes profonds dégoûts le flétrissant système. Eh bien , pour m'en blâmer, condamnez donc aussi Les vices , dont l'accord s'est contre vous uni , Ij'un, hardi corrupteur s'insinuant dans l'ombre, Qui de ses lâchetés ne peut compter le nombre; Cet infidèle ami, tortueux scélérat, Qui , comblé de vos dons, n'est pour vous qu'un ingrat, Et de son bienfaiteur déshonore la fille ; Le puissant marchandant l'honneur d'une famille, Qui du même pouvoir qui doit vous protéger Va prendre insolemment droit de vous outrager. Plus coupable qu'eux tous est ce fils adultère, Méditant près de lui la ruine d'un père. Mais le premier vous-même, ah ! vous l'avez trompé, Ce charme souverain de mon cœur dissipé; Et d'un second hymen concevant l'allégresse , Vous vous êtes d'un fils interdit la tendresse.

Il a raison! trop tard je m'en suis aperçu. Mais enfin , quel rapport de mon hymen conçu Dans la sage raison à cette plainte amère?

OCTAVE

Ah! plus sensible au coup qui voijs ravit ma mère, Fidèle à ses regrets vous auriez évité Plus d'une peine amère et d'une adversité.

d'osmond.

Encor!... vous vous plaisez à porter dans mon ame Le remords... Je l'ai dit, vous n'aimez pas ma femme.

OCTAVE

Ah! cet aveugle doute est mon plus grand tourment. Mais laissons et mes maux et votre égarement ; Sans que des démêlés dont vous navrez mon ame De mes profonds chagrins je ranime le blâme, N'est-ce donc pas assez , pour révolter mon cœur, Des désordres publics dont je ressens l'horreur? Et dans ce sentiment d'irrévocable haine, N'est-ce donc pas un droit de la nature humaine Que les vices affreux dans son sein reproduits Trouvent dans leurs excès leurs véritables fruits ? Voyez-les fièrement étaler dans le monde De leur ambition la misère profonde ; Voyez-les de pitié pour soulever mon cœur De leur mépris superbe affecter la hauteur, Leur bassesse réelle et leur fausse importance. Dans la perte du goût, des arts, de l'éloquence, S'élevant un trophée à force de débris , Sapant les monuments de nos nombreux écrits.

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