‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 372 sur 517 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Et c'est Ethelvina devenant mon épouse,

Qui produit dans son cœur cette flamme jalouse.

Soit hasard, imprudence, ou tendre égarement,

Le prince est ici près avec un régiment.

Je pars, je me hasarde, et pousse ma fortune.

Je ne suis, tu le sais, Jupiter ni Neptune,

Et me trouverais bien du sort d'Amphitrion ,

Ou bien, bornant à moins ma faible ambition,

Je puis me contenter du rôle de Mercure,

Et finir sans éclat ma petite aventure.

Je ne suis, j'en conviens, nullement amoureux;

C'est à l'ambition seule à me rendre heureux.

Il me faut des emplois, de l'or, de la richesse;

Des rois pour m'égaler, des sujets que j'abaisse.

Je vois déjà d'ici pleuvoir les millions,

Les places, les congés, les croix, les pensions.

Enfin , pour abréger, toute affaire prévue,

Le prince et la petite auront une entrevue.

Mais une affaire manque et peut tout entraver,

C'est que pour l'obtenir il la faut enlever.

SULZER

L'enlever! je m'en charge.

VALCOUR

Eh bien! que te disais-je?

J'espérais doucement t'amener dans le piège , Et par ton intérêt, t'induire à nous aider; Il ne veut pas se vendre, il craint de marchander, Et se rend seulement du plaisir de mai faire. Nous verrons si l'on brave un puissant adversaire; Va, dans ma charge un jour je te fais général,

Et des enlèvements directeur principal.

SULZER

J'espère un jour aussi mériter ton estime Et te prouver bientôt quel intérêt m'anime.

FIN DU TROISIÈME ACTE

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