SCENE IV
OCTAVE, madame D'OSMOND.
OCTAVE
Je vous ai fait prier de vouloir m'écouter. J'ai désiré vous voir.
MADAME d'oSMOND.
Je dois vous redouter ; Seule.
OCTAVE
Il n'en est plus temps. Il faut que je vous quitte. Ma triste inquiétude à ce parti m'invite.
MADAME D'OSMOND
La résolution m'étonne...
OCTAVE
Calmez-vous; Vous apprendrez mon sort. Dans des moments plus doux, Vous saurez que, présente à ma mélancolie, De votre souvenir mon ame fut remplie, Et que l'idée enfin de vous appartenir Dans chacun de mes pas aide à me soutenir.
MADAME d'oSMOND.
Octave, croira-t-on qu'une erreur volontaire Rend votre éloignement aujourd'hui nécessaire; Que d'un père irrité vous arrachant l'appui, J'élève une barrière entre son fils et lui? Vous ne partirez pas si vous m'aimez encore.
OCTAVE
Quand vous ne m'aimez plus , qu'importe où l'on m'ignore! Hélas! que des regrets évitant les retours, N'ai-je pu près de vous passer ici mes jours; Et près de vous heureux dans un état tranquille, N'attendre mon bonheur que d'un destin facile? Mais d'un malheur sans fin jouet infortuné, Pour un destin étrange il faut que je sois né, Ou le ressentiment d'une injure cruelle