‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 392 sur 517 · MADAME D'OSMOND, DEUX HUSSARDS · texte numérisé non relu

MADAME D'OSMOND, DEUX HUSSARDS

UN HUSSARD

Bon ! enfoncé le poste , et la place est à nous. Madame, si du lieu l'ordonnance est à vous, Où nous logera-ton ?

MADAME D'OSMOND

Vous loger ! pourquoi faire ?

LE HUSSARD

Vous voyez : deux hussards de l'ordre militaire Des frères amis. Là, l'ordre est ainsi conçu.

MADAME D'OSMOND

Votre ordre et votre état, tout me semble inconnu. Où votre corps est-il ?

LE HUSSARD

En mille endroits ensemble ; Nulle part, et partout: un moment nous rassemble, Un moment nous disperse.

MADAME D'OSMOND

Et quel est votre emploi ?

LE HUSSARD

L'obéissance au chef dont nous suivons la loi. Accourir au signal , et fondre sur la terre Comme l'aigle à sa proie attacherait sa serre; Quand notre ouvrage est fait, disparaître sans bruit, Et rentrer au signal du grand jour dans la nuit.

MADAME D'OSMOND

Et quel dessein ici vous amène ?

LE HUSSARD

La guerre.

MADAME D'OSMOND

La guerre !

LE HUSSARD

Oui, la tempête, et voici son tonnerre. Nous venons au château prendre possession, Et nous munir du fort contre une agression. Ici tout est à nous, remparts, champ-clos, tourelle; Tout est sous notre main ainsi que vous , la belle.

MADAME D'OSMOND

Vous ! rester au cLâteau ?

LE HUSSARD

S'il vous plaisait, l'amour.

Allons, sans déloger, qu'on nous mène à la tour. Allez , nous irons bien sans besoin d'assistance ; Et la réserve est là si l'on fait résistance.

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