‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 101 sur 226 · JoinTiUe^ Hisî. de saint Louis, p · texte numérisé non relu

JoinTiUe^ Hisî. de saint Louis, p

déchoyez; je crois qu*OD peut vous raccorder^ d'autant plus qu*on 7 gagne Timparfait tout entier. Serez-vous plus exigeant pour seoir et ses composés?

— Je n'en sais rien, répondit-il; au reste, jugez-en. On écrit seoir ^ cuseoir^ rasseoir, tnesseoiTy surseoir ^ et l'on fait bien. Le futur régulièrement formé sera je sérail j'obérai, je rasséraij cela messéray je sursérai ; et je crois que c'est ainsi qu'il faudrait dire en dépit des habitudes contraires.

— On ne vous accordera pas cela, repris-je.

— Tant pis, dit-il, mais continuons. Le participe passé, l'infinitif et le prétérit sont incontestablement sis^ sise^ je sis, et de même dans les composés. Le participe présent est double : il a été siant, te, il est devenu seyant, dans asseyant et rasseyant, les verbes les plus usités de cette famille. Il convient de donner ce participe à tous ces verbes, et de dire surseyant, messeyant; et aux temps qui s'en forment, je sur-^ seyais^ cela messeyait; l'imparfait je surseoyais sera toigours insupportable pour une oreille française.

Le présent singulier est je sieds, tu sieds, il sied. Nous seyons, vous seyez, ils seyent, quoique inusités, se tirent immédiatement du participe présent et se déduisent des formes semblables A*asseoir et rasseoir. Les mêmes terminaisons doivent appartenir à n^r^eotr; il faudra donc dire je sursieds, tu sursieds, il sursied, plutôt que je surseois, qu'on donne partout, mais qui n'est pas moins une anomalie à rejeter.

— Je ne puis, lui dis-je, accepter toutes vos idées maintenant comme je les admettais au commencement de notre conversation ; mais c'est que votre rôle a changé. D'abord vous vous borniez à recueillir historiquement les débris de notre vieux langage, et je vous suivais avec plaisir dans cette utile excursion. Depuis que vous avez abordé les verbes qui tiennent à des familles plus ou moins nombreuses, vous cédez peut-être au désir de les soumettre à des règles sans exception ; mais déjà ce ne sont plus des faits que vous nous

donnez, ce sont vos théories par lesquelles vous Voulez remplacer le fait.

— Mais ces théories, interrompit-il, ne valent-elles pas mieux que le désordre qui existe?

— Je ne le conteste pas, répondis-je ; je remarque seulement que le débat est entre vous et Tusage, non entre vous et moi. Laissez donc ces idées systématiques, ces régularisations du langage, sur l'avantage desquelles personne n*est en doute, mais qu'il est extrêmement difficile cependant défaire adopter au public ; et reprenez, si vous le trouvez bon, la restitution de quelques vieux verbes.

— Je n'ai plus, me dit-il, à en citer qu'un petit nombre, encore sont-ils plus curieux qu'utiles. Le plus important de tous est sans contredit tollir venu du mot latin fo/fere, et qui vaut mieux indubitablement qu'enfever, par lequel nous le remplaçons.

Le démon voit que les bonnes œuvres que rhomme a faites ne li peut-il tolltr*.

L'infinitif passé et le participe sont tollu^ ue.

Et en même temps nous eut toUu la vue de la terre. De chose que ils leur eussent toUwTou rot>ée *. Les terres que le roys de France avoit tollfies au roy Jehan d'Angleterre*.

Le participe présent est tollant et les temps qui s'en forment sont nous tolUms^ je tdUais^ que je toUe.

Mais je vous en prie, sire, que les Sarrazins ne le vous toUent*,

Le présent régulier est je tob, tu fob, il toU.

Le Soudan les fait mourir en prison et à leurs femmes toU ce qu'elles ont\

1. Joinville, Bût de taiM Louis, p. 13. — 2. Ibid., p. 43, 82.

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