Sueton., Titus, n
2. Barthél., Ànaeh., ch. zYin; Boeckh., Écon. polit, des Athén,^ III^O.
3. Liv., Eist,f IV, 8 et ailleurs. Los tribuns eux-mêmes ont souvent dénoncé. Liv., HitU , II, 35 ; VI, 20, et ailleurs. Chénier dit la même choee dans son TÙ>èrê (acte m, se. n) :
Ce droit de dénoncer, qui lui semble odieux, Fut dans les plus beaux temps utile à nos aïeux.
▼aincus et n'attendaient pins que la mort *. Moi, qui étais souverain pontife, qui n'avais aceepté cette charge qn*à la condition de conserver mes mains pures et sans tache, qui avais juré enfin de périr moi-même plutôt que de fkire périr qui que ce fût, je les appelai à côté de moi, les invitai à souper , et les renvoyai comblés d'amitiés et de faveurs. Que dites-vous de cela?
Adr. Je dis que je vois là dedans, pour employer l'expression d'un poète célèbre, mon contemporain, un beau sujet de déclamation ^ mais que j'ycherche en vain la preuve d'une sagesse souveraine. Je ne dis rien de cette mauvaise raison tirée des mains que vous vouliez conserver pures : ce n'est pas avec des métaphores qu'on gouverne un empire; et vous qui vous vantiez d'avoir, au siège de Jérusalem, tué de douze coups de flèches douze défenseurs de cette ville', vous savez bien que ni vos mains ni votre âme n'étaient souillées du sang répandu, si, en combattant pour votre patrie, vous faisiez une action louable. De même, si la justice et le bien public exigent qu'un criminel périsse, le prince qui s'oppose à cette mort nécessaire, pour se conserver pur du sang des citoyens, peut dire un beau mot, mais, à coup sûr, il foit une sottise.
Laissons, du reste, cette difSculté, et arrivons au point sérieux. Vous aviez juré de ne faire périr personne, surtout aucun sénateur : c'est, à mon sens, un serment très-imprudent. J'ai juré, moi, que je ne punirais aucun sénateur que du consentement du sénat*, et je ne tardai pas à reconnaître que je m'étais trop engagé*. Il n'est jamais bien politique de laisser à un corps indépendant le droit absolu déjuger ses propres membres. La maxime par pari refertur rend ces magis-
1. Sueton., Titus, n« 9; Eutrop., Brev^^ VIT, 14; Victor, Épit,, 10.