‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 129 sur 226 · Boileau, les Héros de roman · texte numérisé non relu

Boileau, les Héros de roman

et si digne de Fhôtel de Rambouillet. C'était en un mot Mlle de Scudéri '.

Les amis qui se réunissaient autour d'elle, n'étaient pas non plus des gens de peu d'importance. C'était Gonrart, le père de l'Académie française et son premier secrétaire perpétuel; c'était Chapelain, alors Agé de cinquante-quatre ans, à qui la publication de la PuceUe qui ne fut imprimée que huit ans plus tard, n'avait pas fait perdre sa renommée poétique ; c'était Pellisson, bien jeune encore, et qui ne se doutait pas des souffrances que lui réservait l'avenir. Mais il était déjà célèbre par sa paraphrase des Institutes de Justinien, et d'une telle laideur qu'une dame qui voulait dans un tableau le portrait du diable, l'arrêta un jour en pleine rue, pour le conduire chez son peintre, et le lui donner comme modèle. C'était le poète Sarasin, c'était l'érudit Ménage, dont les réputations ne se sont pas soutenues aussi brillantes qu'elles l'étaient alors, mais qui enfin sont loin d*étre tombées dans l'oubli.

Les lettres ne contribuaient pas seules à embellir les soirées de Mlle de Scudéri ; la noblesse se faisait honneur d'y être admise. Le duc de Saint-Aignan, le comte et la comtesse de Guénégaud, Mme Aragonnais et sa fille y étaient fort assidus '.

Ce jour-là était aussi venu chez l'auteur de YlUustre Bossa et A'Artamène *, le poète Dulot, peu connu de son temps, aujourd'hui totalement ignoré, et que sa bizarre invention ne recommandera guère à la postérité *.

Les dames s'étaient établies avec leurs chiffons, du fil et des aiguilles autour de deux tables où se dressaient les deux

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