‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 130 sur 226 · Née en 1607 au Havre, morte en · texte numérisé non relu

Née en 1607 au Havre, morte en

2. Monmerqué, Biogr, universelle^ article de Klle de Scudéri,

3. Deux romans publiés en 1641 ^ sous le nom du frère de Tauteur.

4. Voyez sur Dulot , dans Les Grotesques de M. Théophile Gautier, n* Vil, à la fin, quelques lignes de CoIIetet le père.

poupées nommées la grande et la petite Pandore. Là, selon la riante fable chantée par Hésiode, comme les Dieux de l'Olympe avaient doté la fille de Yulcain, elles ornaient à Tenvi leurs statuettes des plus brillantes parures qu'elles pussent imaginer. Chacune à son tour les embellissait selon sa fantaisie, et Ton jugeait par les applaudissements plus ou moins nombreux et bruyants qu'excitait leur toilette, du succès qu'aurait le costume récemment inventé.

A cette occasion les hommes adressaient aux dames des compliments contournés selon le goût de l'époque ; ils se perdaient dans des protestations infinies de sentiments inaltérables, et dans des périodes sans fin comme les amours qu'ils promettaient.

Bientôt la conversation devint générale. Alors chacun prenant la parole à propos de ce qui venait d*étre dit, comme un des assistants regrettait beaucoup un objet qu'il disait avoir perdu depuis peu : « Mon Dieu ! s'écria Dulot, tous les maux dont vous vous plaignez ici sont vraiment des bagatelles; et j'aurais plus que personne, si je le voulais, le droit de me lamenter sur les pertes que j'ai éprouvées dans mon dernier voyage. Argent, billets, meubles précieux, portrait d'une femme charmante, j'ai tout perdu sans espoir de rien retrouver : mais ce que je regrette plus que tout le reste, ce sont sans contredit trois cents sonnets, dont je n'ai pu, malgré tous mes efforts, avoir jusqu'ici aucune nouvelle *.

— Trois cents sonnets I s'écria Ménage : miséricorde! cela fait six cents quatrains et autant de tercets 1 Quand donc avezvous trouvé le temps de diviser et d'arrêter tant de stances? où avez-vous surtout puisé assez de pensées fines ou gracieuses, assez de traits délicats ou passionnés pour terminer heureusement tous ces poèmes T

— Oh 1 répondit Dulot, les pensées n'y étaient pas encore.

Page 1