‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 133 sur 226 · Rabelais, Pantagr.f ni · texte numérisé non relu

Rabelais, Pantagr.f ni

vers d'une satire dont M. Dulot était l'objet et le héros. Je disais :

Le grand Dalot, pressé d'une plus noble envie Que de vieillir oisif proche de ses tisons Et borner son empire aux petites maisons, Tenta de renverser par ses vers frénétiques Le trône glorieux des poëmes antiques, De les chasser de France et mettre sous ses lois En dépit d'Apollon le Parnasse françois.

De son hardi projet préparant la fortune,

Dulot s'en va d'abord au monde de la lune,

Où les poètes fous sont les plus estimés :

Il descend au pays des puissants Bouts-rimés,

Peuple étrange, farouche, et qui demeure ensemble,

Sans coutume et sans loi, comme le sort l'assemble;

Étrange à regarder, tel que les visions

Dont Antoine au désert eut les illusions,

Ou que l'affreuse gent qu'au bout de la marine,

Le paladin Roger vit en Ttle d'Alcine *.

— Ce commencement, dit Mlle de Scudéri, est vraiment joli ; ce serait un meurtre, monsieur Sarazin, que de ne pas continuer cette narration. Qu'en dites-vous^ monsieur Ménage ?

— Je suis de votre avis, mademoiselle ; et je ne crois pas qu*on puisse rien faire de mieux que d'immortaliser l'extravagance d'un poète, dans des vers aussi bons que ceux que nous venons d'entendre.

— Mais, dit Pellisson, il serait intéressant de nous essayer nous-mêmes dans cette nouvelle poétique. Qui nous empêche de nous proposer les uns aux autres quelques bouts-rimés à remplirt On comparera les résultats, et on verra qui de nous, sur des rimes données, aura produit le sonnet le plus supportable.

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