Vers de Scarron dans son ÉpUre à Saraxin
vez pas à vous plaindre ; je suis chez vous à l'heure que je vous avais indiquée hier. Je vous apporte mon second chant que j'ai fait presque tout entier aujourd'hui. Enfin, j'ai par hasard rencontré, et je vous présente le héros de mon poème.
— Monsieur Dulot! s'écrièrent à la fois Scarron et sa femme.
— Oui, madame, répondit Dulot; H. Sarazin à la bonté de faire un poème contre moi. Il a exigé, si je voulais l'entendre, que je l'accompagnasse ici ; c'est ce qui explique et excuse ma présence dans une maison où je n'avais pas l'honneur d'être invité.
— Les amis de M. Sarazin , répondit Mme Scarron avec un sourire enchanteur , seront toujours les bienvenus chez moi. »
Les deux arrivants s'ijiclinèrent et remercièrent vivement Mme Scarron. « C'est bon, interrompit le paralytique : voilà assez de compliments. Laissons là toutes les façons et causons d'amitié. Je demanderai d'abord à M. Dulot, en empruntant quelques vers de mon Don Japhet^ :
Quel est donc cet habit? pourquoi cette soutane? Êtes-YOQS m sacris ? id est anti-profane? Êtes- vous médecin? Êtes-vous avocat t
— Mon Dieu! dit Dulot, je suis poète : mais ce vêtement m'est commode, et je le porte toujours.
— C'est vrai , sgouta Sarazin ; et c'est une circonstance que je mentionne soigneusement dans mon poème, comme vous le verrez.
— Hais l'entendrons -nous enfin, ce second chant, dit Mme Scarron ; car vous nous l'avez promis ; et c'est pour cela que M. Dulot a bien voulu venir ici.
— Je suis à vos ordres, madame, dit Sarazin.