Act I, se. y
330 LES BOnTS-RDCÉS.
•^ Eh bien ! nous vous écoutons.
— Je commence donc, reprit le lecteur en tirant de sa poche et déroulant son manuscrit. Je rappelle seulement que le remplissage des vers dont on donnait seulement les rimes, essayé d'abord chez Mlle de Scudéri, ayant eu dans le public le succès que tous savez, comme chacun se piquait de remplir heureusement et facilement les rimes les plus bizarres» on put dès 1749, c'est-À-dire l'année suivante, faire paraître un volume entier de ces sonnets en bouts-rimés^. Cependant la fureur s*en était un peu ralentie, lorsque la prise de Sainte-Menehould * et la mort d'un perroquet d'nne dame de la cour * sont venus ranimer la verve de nos rimeurs. C'est ce qui m'a fait dire dans le chant que j'avais l'honneur de vous lire hier :
Leurs desseins cependant aux morfbls sont secrets. Db marchent entre noas en forme de sonnets, De Sainte-Menehonld nous disent des nonveHes, Et d'un perroquet mort coûtent cent bagatelles ^
Vous savez quels sont les mots qui courent et qu'il faut absolument remplir, ce sont surtout : chicane, capot y pot, soutane^ diaphane, tripot, chabot, profane, coquemart,' jacqu^^ mort, barbe, débris, barbe, lambris.
c Cette recrudescence de l'épidémie des bouts-rimés m'inquiéta fort, je vous l'avoue ; et m'ennuyant à la fin qu'une poésie comme celle-là ôtât pour ainsi dire le cours à toutes les autres, je commençai à parler en tout lieu contre ce système*. Je me rappelai alors ce fragment de satire lu autrefois chez Mlle de Scudéri, et je résolus d'y donner suite. Mais la