‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 142 sur 226 · Représenté en 1646. — 3. £n · texte numérisé non relu

Représenté en 1646. — 3. £n

338 GHBISTINB ET DURTER.

celui-là aura toujours tort, à mon avis, qui ayant de penser à son plaisir, ne se sera pas occupé du nécessaire. C'est tout ce que je puis répondre. A mon tour, oserai-je demander à Votre Majesté quel intérêt l'attire chez M. Duryer ? Comment lui ayant été présenté depuis quelques jours seulement par M. Ménage, je me trouve avoir aujourd'hui l'honneur de la conduire incognito chez lin de mes confrères.

— Rien de plus simple, monsieur de Bautru. Quand j'étais à Stockholm, amie des arts, comme je Tétais, je me tenais au courant' de ce qui se produisait de bon dans la république des lettres. Les ouvrages des poètes français m'intéressaient particulièrement : et parmi ceux de M. Duryer, il y en eut un dont je fus touchée à ce point que je me le fis lire trois fois dans un jour.

— C'est sa tragédie de Saûl peut-être, ou son Sdvole : cette dernière pièce passe pour son chef-d'œuvre. Il y a là des sentiments romains exprimés avec une grande énergie.

— Ce n'est ni l'une ni Tautre : c'est Alcionée ou le Combat de Vhonnewr et de V amour.

— Il est vrai que l'abbé d'Aubignac loue dans cette pièce la force du discours et la grandeur des sentiments ; que M. Ménage la déclare un chef-d'œuvre '.

— Ajoutez , s'il vous plaît , qu'un homme d'une autre trempe, le cardinal de Richelieu, après l'avoir entendue plusieurs fois, a voulu que M. Duryer vint la lui lire, et la déposât dans sa bibliothèque*. Je me suis trouvée du même avis ; et quand j'ai appris que l'auteur était dans un état voisin de l'indigence, j'ai pensé à lui rendre en monnaie royale le plaisir qu'il m'avait fait. Puis, comme je passais par la France, que j'étais enfin libre de mes mouvements et de mes actions,

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