Anecdotes dramatiques ^ mot Alcionée
2. Voyez au devant de cette pièce l'épi tre dédicatoire à la. duchesse d'AiguilloD.
GHRISTINB ET DURTER. 339
pour qu'on ne me reprochât pas, comme on le fait si souvent aux rois, de répandre mes bienfaits en aveugle, j'ai résolu de voir de mes yeux; et j'ai pris pour guide en cette circonstance, non pas M. Ménage, que tout le monde connaît pour m'a voir présenté les savants français S et dont la compagnie m'aurait immédiatement décelée; mais M. de Bautru, comte de Séran, dont l'âge était aussi convenable que la position dans le monde, et qu'on m'a dit avoir pour moi beaucoup d'estime*. Tout cela ne vous paratt-il pas assez raisonnable f
— Parfaitement, madame ; et digne surtout du grand cœur de la reine Christine. Je n'aurai tout à l'heure, pour satisfaire aux désirs de Votre Majesté, qu'à savoir d'elle en quelle qualité elle veut que je l'introduise chez H. Duryer;mais comme nous ne sommes pas encore à sa porte, peut-être daignera-t-elle m'apprendre quelles pensées ont particulièrement appelé son attention dans la tragédie d*Alcionée.
— Je pourrais m*y refuser, monsieur deBautru; car dire à quelqu'un ce qu'on préfère dans un ouvrage de littérature,c'est souvent le faire lire dans son âme : et ne vous ferais-je pas par là, comme dit Plutarque dans la traduction du bon Amyot' :
Toucher du cœur les cordes plus cachées, Qui ne devraient pour rien être touchées ?
Mais puisque nous conversons ici tout simplement, voyons, citez-moi vous-même, si vous vous en souvenez, quelqu'une des pensées auxquelles vous présumez que je n'ai pas pu rester indifférente.
— Ahl madame, la position est délicate ; la pièce d'ailleurs n'est pas parfaitement dans ma mémoire. Toutefois, en vous