Le comte de Gabalis , p. 24 et suit. — 2. Ihid. , p
3. Le comte de Gabalis^ deuxième entretien , p. 43. Bayle, DieUonn,, mot Ànehitef rem. A et C. Voyez aussi le joli roman d'Ondtne, de M. Lamothe-Fouqué, fondé tout entier sur celle tradition.
— Je VOUS ai déjà déclaré, monsieur, que je n'acceptais pas vos questions, que je n*y voulais faire aucune réponse» comme je ne prétends m'engager avec vous par aucune promesse. Si j*étais en humeur de vous pousser moi-même, croyez-vous que je ne pourrais pas vous embarrasser? Ne sais-je pas que parmi les cabalistes renommés, les uns prennent vos phrases dans le sens propre, les autres ne les reçoivent qu'au figuré^; que pour quelques-uns de ceux-ci, les sylphes, les ondins, les salamandres loin d'être des esprits doués d'une figure et d'une intelligence semblables aux nôtres et d'une activité qui leur est propre, ne sont que les propriétés de ces éléments, propriétés dont la connaissance nous donne en effet un grand pouvoir sur la nature ? En ce sens, tous les philosophes anciens, les Thaïes, les Pythagore, les Platon; les thaumaturges comme Ëpiménide et Apollonius de Thyane ; les poètes dont les ouvrages semblent contenir quelque enseignement sur la nature comme Homère, Lucrèce et Virgile ; enfin chez les modernes, ceux qui s'occupent du grand œuvre comme Avicenne, Averroès et Cardan, n'ont-ils pas passé, ne passent-ils pas encore pour de grands cabalistes?
Quelques-uns appliquent les mêmes termes à l'explication de notre nature morale. D'après leur interprétation, ce sont les législateurs anciens et les grands moralistes comme Zoroastre ', Moïse, Orphée, qui doivent occuper le premier rang parmi vous.
Selon plusieurs, la cabale n'est, comme la mythologie grecque, que la représentation allégorique des faits naturels ou des actions des hommes. Une inondation était pour les anciens la vengeance de Neptune : c'est pour vous celle d'un ondin. Un incendie est le jeu d'un salamandre, comme il
1. Dietionn. de Bayle, mot Agrippa^ rem. V. Voyez aussi la déclaration du comte de Gabalis, p. 35.