Plutarch., Àpophth» ~ 6. Spart. , Adr., n
La paix amène Tordre, et, en montrant aux peuples ce que c'est que le repos, elle leur apprend à s'agiter ^and ils n'en jouissent pas. De là la nécessité d'une bonne administration. Car si la violence et le bruit des armes peuvent, en temps de guerre, étouffer les plaintes des malheureux, on les entend pendant le calme d'un règne paisible : et un prince humain et sage s'en inquiète toujours. Il fallut donc diviser l'empire en parties d'une étendue convenable. Je renouvelai l'ancienne division en proconsulats% que bien des gens ont blâmée, qu'on détruira peut-être', mais à laquelle il faudra revenir sous ce nom ou sous un autre'.
Ce n'est pas tout: la puissance romaine s'étendait nominalement sur des pays lointains, mal connus et mal soumis. A nos portes, les Maures nous harcelaient, les Sarmates se soulevaient, la Bretagne échappait à notre domination; l'Egypte ,1a Lycie, la Palestine voyaient tous les jours éclore des révoltes nouvelles ; nous ne pouvions nous faire obéir dans ces contrées qu*en y déployant une force militaire immense. Je compris qu'il ne fallait pas verser en pure perte le sang des Romains; j'eus le courage, à l'exemple de Gaton, de renoncer à un territoire que nous ne pouvions garder* ; j'abandonnai l'Assyrie, r Arménie, la Mésopotamie, et fis de TEuphrate la limite orientale de l'empire romain. J'aurais voulu au nord m'arrèter au Danube et abandonner la Dacie ; on prétendit que je voulais par jalousie détruire l'œuvre de Trajan; d'ailleurs un grand nombre de colons romains auraient été par là livrés aux Barbares ' ; je la conservai donc malgré moi, sans croire cependant qu'elle doive longtemps encore faire partie
1. Appian.^ BeU. eiv., l, 3S; Spart, Adr.^ n« 22; Capitol., ÀnUm,, n* 2; jr. Àur.f n* 11. .