Dictionn. hiitor,, mot Raeme; Âneed, dramat., mot Phèdre
UES DEUX PHËDRES. 365
tifiant de l'avoir employé, cite Virgile et quelques auteurs, pour prouver qu'il n'est pas de son invention : il est bien difCcile de ne pas croire que le plagiat de Pradon a été plus loin que le titre et le sujet général de la pièce. Il faut qu'il ait eu quelque connaissance du plan de la Phèdre racinienne, des principaux moyens, souvent même du sens du dialogue.
Mais ce qui, en définitive, distingue les bons des mauvais poètes, le style, ne s'imite ni ne se pille ; chacun reste avec sa seule nature. La grandeur, la beauté des images, la parfaite harmonie du langage, l'indéfinissable et irrésistible charme de l'élocution, voilà ce qui caractérise les uns ; tandis que des tournures communes, des expressions triviales ou heurtées, des pensées fausses, exagérées ou incomplètes, un style pâle et sans couleur , sont le triste apanage des autres.
Je ne veux pas faire une comparaison en forme des deux ouvrages : à quoi bon revenir sur un débat jugé depuis longtemps et sans appel? Qui ne connatt d'ailleurs, qui ne sait par cœur les vers de Racine ? Mais les vers de Pradon sont généralement oubliés ; il peut être curieux d'en rappeler ici quelques-uns, ne fût-ce que pour faire apprécier le bon goût de ceux qui les portaient aux nues.
Dès la seconde scène du premier acte, Aride découvre à Hippolyte son amour pour lui, par une bouderie d'un plaisant effet :
Thésée est loin de nous; vous nous quittez aussi : Sans trouble, sans chagrio, vous sortez d'une ville Où.... Que roQ est heureux d'être né si tranquille * 1
" Cette interruption exclamative n'est-elle pas touchante et poétique? Aussi Hippolyte prend le parti d'avouer à son in-