‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 155 sur 226 · Pradon, Phèdre et HippoinfUy · texte numérisé non relu

Pradon, Phèdre et HippoinfUy

terlocutrlce Tamour qui Ta féru pour elle; il le fait en ces termes :

Solitaire, farouche, on me voyait toujours

Chasser dans nos forêts les lions et les ours;

Mais un soin plus pressant m'occupe et m'embarrassa :

Depuis que je vous vois, j'abandonne la chasse;

Elle fit autrefois mes plaisirs les plus doux,

Et si j'y vais, ce n'est que pour penser à vous.

On se rappelle comment la même pensée est exprimée dans Racine :

Depuis près de six mois, honteux, désespéré. Traînant partout le trait dont je suis déchiré, Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve : Présente, je vous fuis ; absente, je vous trouve : Dans le fond des forêts votre image me suit. La lumière du jour, les ombres de la nuit, Tout retrace à mes yeux les charmes que j'évite : Tout vous livre à l'envi le rebelle Hippolyte. Moi-même pour tout fruit de mes soins superflus, Maintenant je me cherche et ne me trouve plus. Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune ; Je ne me souviens plus des leçons de Neptune; Mes seuls gémissements font retentir les bois, Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.

Quelle différence ! et que Voltaire a eu raison de dire que les deux poètes ne sont jamais plus éloignés Tun de l'autre que quand ils expriment des idées à peu près semblables *• !

Quoi qu'il en soit, Phèdre vient sur le thé&tre ; Hippolyte se sauve, laissant sa marâtre causer avec Aricie, et lui déclarer, qui l'aurait imaginé? sa passion pour le jeune chasseur*!

Où est cet art admirable avec lequel notre grand poète nous

1. Voltaire, préface de la première édition de Mariamne, Voy. aussi Dtd. phUoi.f moi Imagination j% \; ibid., mot Style.

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