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Anecdotes dramatiques , au mot Armand

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assistaient même des acteurs nouvean-yenus, qui naturellement n'avaient pas voix délibérative. L'assemblée était donc nombreuse et brillait surtout des plus beaux talents qui eussent jamais illustré la scène française. On y distinguait Lekain, l'élève bien-aimé de Voltaire ^ Grandval, connu encore ai]gourd'hui par quelques. pièces d'un genre singulier"; Bellecour, célèbre par son excellente tenue et la manière dont il disait les vers ' ; Préville qui n'avait pas encore, mais qui annonçait déjà la perfection de son jeu^; Brizard, qui ne fat reçu que trois ans après % et qu'Armand avait admis par faveur; les demoiselles DangeviUe 'y Gaussiu'', Dumesnil* et Clairon*, dont la réputation s'est conservée vivante jusqu'à nos jours, aussi bien par les éloges qu'en faisaient leurs contemporains , que par les vers souvent inspirés et toujours sincères que leur adressaient leurs admirateurs.

Cette belle compagnie semblait donc s'être réunie moins pour une affaire sérieuse que pour une partie de plaisir. Toutefois, quelques scrupules s'élevaient dans l'Ame des plus sévères de la troupe, c Êtes-vous bien sûr, Armand, disait Lekain, de ne pas nous mettre ici dans une position f&chease? L'honneur de la Comédie-Française ne sera-t-il pas compromis, si l'on peut nous reprocher d'avoir attiré ici un brave homme pour le bafouer?

— Le bafouer ! vous l'entendez mal : c'est son bonheur que nous voulons faire pendant une heure ou deux; nous y trouvons, il est vrai, notre plaisir ; j'avouerai même que c'est tout ce que nous cherchons ici : mais qu'importe, s'il s'en trouve heureux?

— Hais s'il s'aperçoit que nous nous moquons de lui?

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