‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 187 sur 226 · Àneedota dramatiques, t. I^ p · texte numérisé non relu

Àneedota dramatiques, t. I^ p

446 ' PIERRE DE MORÂMD.

M-. Hérault s'était fait dans Texercice de ses fonctions une réputation méritée de justice et de sévérité. On l'accasait seulement d'avoir poussé trop loin la rigueur, surtout lorsqu'il avait eu affaire aux jansénistes, dont il n'aimait ni les opinions religieuses, ni surtout l'esprit d'opposition. Mais il ne manquait ni d'esprit, ni de littérature. On venait de lui dire de quoi il s'agissait ici : c'était un poète furieux qui, par un amour exagéré de ses œuvres, avait excité dans on théâtre un débordement de risée et de moqueries plutôt qu'un véritable tumulte ; l'affaire n'était donc pas bien grave : aussi M. Hérault reçut-il son prisonnier d'un air fk'anc et dégagé.

« Eh quoi ! monsieur de Morand, lui dit-il, vous allez ainsi nu- tête, en plein février ^ ? N'avez-vous pas peur de vous enrhumer?

— Dieu aidant, Monseigneur, j'espère n'avoir rien à craindre de ce côté ; peut-être même m'allez-vous dire que j'ai, au contraire, la tête trop chaude.

— Je vous avoue, reprit le lieutenant de police, que c'est un peu mon opinion. Il est bien vrai qu'amoureux, poète et du Midi, ce sont trois titres à l'indulgence d'un magistrat; mais où en serions-nous si toutes vos pièces étaient au théâtre une occasion de désordre.

^ Toutes mes pièces 1 Ah ! Monseigneur, vous me flattez. Je n'en ai encore donné que quatre : Phanaxar^ Téglis, ChUdéric et l'Esprit de Divorce; cette dernière est malheiureusement la seule qui ait fait quelque bruit dans le monde.

«- Vous ne comptez pas exactement, monsieur de Morand : Phanazar n'a pas été représenté; votre Tiglis l'avait été d'abord sur le théâtre de la duchesse du Maine ; ces deux pièces ne doivent pas plus compter comme causes de trouble public que si elles étaient demeurées en portefeuille. Restent donc,

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