Théâtre et œuvres diverses, t. II, p
—Je l'avoue, Monseigneur; mais de grftce cessez cette plaisanterie.
— Qu'au cinquième acte le mfime envoyé remet à Ghildéric et à Glovisles mêmes lettres qu'il avait précédbnmient portées à Sigibert, et que les deux princes en donnent au pablk une seconde lecture ?
— Monseigneur, interrompit le poète outré de ces railleries, c'est un persifflage cruel que je ne devais pas attendre de vous.
— Qu'enfin ce jeu de lettres et de paquets, reprit le lieutenant de police, parut si plaisant ou si monotone qu'un des spectateurs, apercevant l'acteur qui tâchait, la lettre à la main, de fendre la foule assemblée sur le théâtre, cria tout haut : Place au facteur! et que, grâce à ce mot, la tragédie se termina joyeusement au milieu de l'hilarité générale ^ ?
• — Pardieu, Monseigneur, répondit l'auteur emporté par la colère, il faut une mémoire bien complaisante pour y conserver tous ces enfantillages ; il faut avoûr aussi bien envie de tourmenter un pauvre poète à propos d'une pièce, peutêtre mal jugée, pour le tenir si longtemps sur les causes mêmes de son malheur. Si pourtant il ne s'agit ici que de paquets, vous en avez reçu plus et de plus désagréables que je n'en ai jamais fait porter.
— Comment! que voulez-vous dire?
— Votre Excellence doit m*entendre ; elle se rappelle assurément les Nouvdles ecclésiastiques^ qui, depuis 1728, paraissaient chaque semaine.
— Je sais, je sais parfaitement, dit M. Hérault....
— On y drapait assez volontiers Votre Excellence. Ses liaisons avec les jésuites, parmi lesquels elle comptait un frère, et la rigueur excessive qu'elle déploya toujours contre les jansénistes, avaient amené de la part de ceux-ci de sévères