Choix des poéiieif etc., p
2. Poésiêi de Vabbé de VAUaignant, 1. 1, p. 154» édit. de 1757.
3. Cicér., Tutcul I, zi, $ 25; zzi, $ 48 et soiv. Pline, Awl. nol., VU, 56.
L*ABBÉ DE L'ATTAIONANT. 461
un autre monde, nous ne pouvons qu'y être beaucoup mieux que dans celui-ci.
Cet instant Que craint tant Le coupable, Bst la fin de tout tourment Ou le commencement D'un bonheur plus durable.
BspéronB, Ou cédons Sans nous plaindre.
Se survivre est un grand bien :
Sinon nous n'avons rien A craindre.
Cette hardiesse dans les idées de TAttaignant, sa facilité à composer des chansons, des madrigaux, des impromptus le faisaient bien venir partout; ses plaisanteries couraient tous les salons, ses vaudevilles y étaient chantés, on y répétait ses bons mots.
Il n*était pas possible qu'avec ces dispositions railleuses et ce désir de succès, il évitftt toujours ce qui pouvait blesser les autres. Aussi quoique son éditeur et son ami l'abbé Delaporte ait écrit que la satire lui avait toujours paru un mauvais moyen de s'illustrer, et qu'en conséquence il n'y avait jamais eu recours, il est maintenant avéré que TAttaignant ne fut pas à cet égard aussi innocent, à beaucoup près, qu'on Ta supposé.
Plusieurs fois même il paya cher ses succès de moquerie et sa malice triomphante. On sait que jusque vers 1789, les grands seigneurs avaient pris l'odieuse habitude de se venger par la main de leurs valets, des petits qui les avaient offensés : et comme on se souciait peu dans le dix-huitième siècle de l'excommunication meyeure fulminée autrefois contre quiconque lèverait la main sur un prêtre, la robe que l'Attaignant déshonorait ne le garantit pas de la colère de ses