‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 200 sur 226 · MONSIEUR DE BIÈVRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR DE BIÈVRE

< Plaisir de plus, dirent les jeunes gens; Mme la comtesse s'entend parfaitement à rendre sa maison agréable.

— Qu'est-ce que c'est que ce marquis*Iàî demanda un vieux commandeur, oncle de la comtesse, qui ne sortait que rarement de ses terres; et de qu8ls gens, ma nièce, consentez-vous à vous entourer ?

— Le marquis Bilboquet, mon onde, c'est l'homme le plus amusant de notre époque, n trouve à tout moment des mots aussi heureux qu'inattendus. Vous vous souvenez du malheur arrivé à Boulogne S lorsque Pilâtre du Rosier et Romain s'étant élevés en l'air à cinq cents toises au moins, leur ballon prit feu tout à coup. Les deux aéronautes tombèrent à moitié brûlés, se tuèrent et furent si étrangement défigurés qu'ils n'avaient plus forme humaine. Le jeune Lamaisonfort, que PilAtre n'avait pas voulu laisser monter dans son ballon, vint en poste annoncer cette affreuse nouvelle à Paris, chez M. de Calonne, où se trouvait notre marquis. Savez-vousce que celui-ci dit au jeune courrier ? Il lui appliqua ces vers de la tragédie d*Horace :

Rendez grâces aux Dieux de n'être pas Romain, Pour conserver encor quelque chose d'humain.

— Voilà une belle oraison funèbre et qui prouve chez ce personnage une vraie sensibilité; mais pourquoi l'appelezvous marquis ?

— C'est qu'ill'est réellement. Le petit Maréchal est aujourd'hui marquis de Bièvre. Son grand-père était chirurgien de Louis XIY. Il a laissé une immense fortune au moyen de laquelle on a pu acheter une terre érigée en marquisat pour son petit-fils. Celui-ci, d'ailleurs, n'est pas fier de son titre; il doit jusqu'à présent sa réputation aux lettres ou du moins à celle qui a été écrite à la Comtesse Talion par le sieur de Bois^ Flotléf étudiant en droit-fil.

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