Alegandre et Diogène, à la.fln
3. Saint-ËTremond, 1. 1, p. 317. Jugement sur Céwr et ÀleMondre.
FÉNELON ET SÂINT-ÉVRBMOND. 39
dans deux occasions semblablesS tous n*empIoyez pas nne expression à beaucoup près aussi dure. Dans Tune» c'est le cardinal de Richelieu qui a fait semblant de croire à l'astrologie parce qu'elle pouYait être utile à ses desseins : il réfute aujourd'hui cette chimère devant la reine Marie de Médids, et par d'assez bonnes raisons pour que ce dialogue soit au nombre de vos meilleurs. Toutefois tous ne condamnez pas son ancienne concession aux croyances populaires. Dans l'autre, Sertorius se justifie auprès de Mercure d'avoir mis à profit, à l'aide d'une biche apprivoisée, la crédulité des peuples grossiers à qui il avait affaire ; et quand Mercure lui objecte qu'il était un impie parce que de telles impostures décrient les immortels et font tort à leurs mystères: < Je ne l'étais pas plus, répond Sertorius, que Numa avec sa nymphe Égérie, que Lycurgue et Solon avec leur commerce secret des Dieux, que Socrate avec son esprit familier, enfin que Scipion, avec sa façon mystérieuse d'aller au Gapitole consulter Jupiter '. » Or vous ne blftmez pas l'imposture de tous ces gens-là; d'où vient alors que vous blâmez celle d'Alexandre?
F£n. Je ne sais trop que vous dire, sinon que^ je n'ai pas remarqué cette contradiction.
S.-ËVR. Sans doute : mais la cause pour quoi vous ne l'avez pas remarquée, la voici : c'est que vous vous occupez moins en général du fond des choses que de la phrase ou de la figure de rhétorique. C'est ainsi que dans votre dialogue de Solon et Justinien^ le législateur d'Athènes dit à l'empereur romain : « Les lois ne me paraissent bonnes que dans les pays où l'on ne plaide point, et où des lois simples et courtes ont évité toutes les questions. Je ne voudrais ni disposition par testament, ni adoption, ni exhérédation, ni substitutions, ni em-
1. Sertarim H Mercure^ la reine Marie de Midieis et le cardinal de ^iehelieu.