Plutarch.^ Lytand., ii<*' 1 , 2 et 3; Lycwrg., n
3. Plutarch., Lysand., passim. Cest là en effet ce qui fait du caractère de Lysandre une sorte d'énigme que ma thôse cherche à expliquer.
48 LT8ÂNDRB ET STLLÂ.
pays, l'état ancien comme un miracle de bonheur, de liberté, de patriotisme : que pensez-vous de tout cela? .
Stl. Votre âge d'or est une chimère, et vos moralistes sont des rêveurs.
Lts. Nous nous entendrons à merveille, et j'entre en matière. Les historiens et la postérité me font surtout deux reproches : de m'étre joué de mes serments et d'avoir ou compromis ou même corrompu l'antique législation de Sparte. De ces deux griefs, le premier est le seul qui soit nettement énoncé, et j'ai peu de chose à y répondre. Sans examiner s'il viendra un temps où la fidélité à sa parole sera bien plus dans les mœurs qu'elle n'y était de nos jours, je me borne à dire que les hommes regardés comme les plus justes n'ont pas hésité à manquer à leurs promesses et à y faire manquer leurs concitoyens, quand* l'intérêt public a paru l'exiger. Lorsque Aristide commandait avec Pausanias l'armée unie des Grecs, les hauteurs de celui-ci ayant indisposé quelques alliés, ils vinrent solliciter le général athénien de s'emparer du pouvoir suprême, lui promettant défaire cause commune avec Athènes contre Sparte; et le juste Aristide, au lieu de repousser cette proposition comme l'exigeait la morale, leur répondit que des mots ne suffisaient pas ; qu'il fallait se lier aux Athéniens par un crime impardonnable ; qu'ils allassent donc en trahison attaquer les Lacédémoniens ; qu'alors l'alliance d'Athènes leur serait assurée, et vous savez que tout cela s'exécuta^ Le même homme, un autre jour, avait reçu un serment des Grecs et s'était lui-même engagé pour son pays : et comme plus tard on lui opposait son serment : < Bon, ditil, chargez-moi du parjure et n'en faites pas moins ce qui vous sera le plus utile ^. »
Passons-nous à l'histoire romaine? Après la malheureuse affaire des Fourches-Gaudines,- votre consul Posthomius, qui