Boeckh., Écmiomie polit, des AthénierUf I
4. Plutarch., AgiSfb. Cet affaiblissement était déjà sensible du temps d'Aristote. Voy. ses Polit., II, 7.
LYSANDRB ET STLLÂ. 57
il n'y en avait guère que cent qui eussent conservé leurs héritages; les autres avaient aliéné les leurs, «t vivaient dans lapins hideuse misère, épiant sans relâche Toccasion de changer la situation présente pour se tirer de l'oppression *.
Dans ces tristes circonstances régnèrent successivement Agis et Gléomènes. Frappés de la grandeur du mal, mais incapables d'en discerner les causes, ces insensés crurent que le remède était facile, que le retour aux lois de Lycurgue ramènerait le bonheur et la gloire à Sparte. C'était agir comme un médecin qui, voyant un malade se débattre contre les effets du poison, lui en ferait prendre un peu plus pour le tirer d'affaire. Agis et Gléomènes se dévouèrent à leur folle tâche, le premier avec une grande candeur, le second avec cette ardeur de domination impatiente qui faisait le fonds de son caractère. Tous deux y périrent, comme vous le savez ; et, ce qu'il y a de pis, ils entraînèrent la ruine absolue de leur patrie. Sparte s'éteignit de la façon la plus honteuse sous le joug de tyrans obscurs, qui ne la laissaient' pas même donner signe de vie, quand le reste de la Grèce, révivifié par la ligue achéenne, tombait au moins avec quelque gloire sous les puissantes armes de Rome. Ah I croyez-le bien, Sylla : le mouvement et le progrès sont la loi de l'espèce humaine ; l'arrêt et le recul en sont la mort ; et l'insensé qui condanme un peuple à ne pas sortir d'une certaine situation, où il l'a d'abord étendu, le tue d'avance à coups d'épingles, ou le fait tristement périr par un poison lent. Son agonie pourra durer longtemps, sans doute ; elle se terminera toujours par une mort infâme.
Stl. Yoilà une triste peinture, et qui n'est probablement que trop vraie.
Lts. Maintenant ma conduite est facile à expliquer. L'éducation m'avait bien donné les mœurs des Spartiates ; elle ne