Plutarch., Àgù^ n
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m'en avait pas infusé les croyances. Tétais on Athénien dépaysé ; marchant tout nu, et vivant, puisqu'il le fallait, de brouet noir, mais sentant fort bien qu'on était ailleurs plus éclairé et plus heureux que nous ne l'étions. Je ne comprenais pas alors aussi parfaitement qu'aujourd'hui combien ces chaînes de fer dont nous enveloppait la loi de Lycui^e étaient propres à nous étouffer ; j'entrevoyais du moins que des règles contre nature, Timmobilité de l'esprit et de la volonté, en un mot l'emmaillottement d'un grand peuple, ne pouvaient produire à la longue aucun bon résultat : et, par instinct, je voulais, et pour moi-même et pour les autres, combattre le mal dont je souffrais.
Quand l'âge vint de commander à mes concitoyens, je songeai à mettre mes idées en pratique. J'arrivai dans Ëphëse, que je trouvai réduite à la misère ; j'y appelai de toutes parts des commerçants : les habitants déployèrent une activité inaccoutumée, et bientôt cette ville si pauvre et si besoigneuse était dans l'abondance et le bien-être K
Sparte réduite à ses seules forces, sans argent et sans amis, ne pouvait lutter longtemps toute seule contre le monde entier ; je songeai à lui faire partout des alliés. Mais comment m'y prendre ? Fallait-il affecter l'orgueil lacédémonien, irriter tout le monde par une brusquerie sauvage, ou prendre avec chacun, comme l'avait fait Alcibiade, le ton qui lui convenait ? Je n'hésitai pas. J'étais, je vous l'ai dit, Athénien de caractère : je fis ma cour aux grands *, j'obtins l'amitié de tous ceux que je pus voir, j'en fis des alliés attachés à Sparte et de bons amis pour moi.
J'avais réussi auprès de Gyrus, le fils du grand roi, à ce point qu'il me demanda un jour, en me quittant, ce qui pourrait me faire le plus de plaisir, me promettant de me l'accorder si cela était possible, c Eh bien, lui dis-je, 6 Gyrus !