Non erubuit permittere. Annai,, VI
TACITE ET IJËVESQUE. 85
C'est s'il n'avait pas consenti , que vous auriez pu dire avec raison qu'il ne rougit pas de le refuser; ici vous le bl&mez de ce qu'il ne poursuit pas son ennemi au delà du tombeau.
Un peu plus loin, c'est Agrippine qui meurt dans son exil : on l'accuse d'adultère avec cet Asinius Gallus, dont elle n'aurait pu supporter la mort. Je n'examine pas la chose au fond : mais je ne puis m'empécher de rire de la raison que vous imaginez pour détruire l'accusation. Agrippine , dites-vous, ne pouvant supporter un égal , n'était sensible qu'à Tambition ; les soucis dignes des héros avaient remplacé dans son ime les vices de son sexei*. Est-ce que les femmes les plus viriles et les plus ambitieuses, depuis Sémiramis jusqu'à Catherine II, n'ont pas été en même temps les plus ardentes? Vous ne deviez pas vous y tromper pour Agrippine , vous qui rapportez que cette femme , déjà mère de six enfants, demandait à Tibère, avec des larmes et des sanglots, qu'il lui donnât un mari '.
J'ai dit tout à l'heure combien Tibère avait montré de sagesse en ce qui tient à la religion. Assurément l'homme qui sur ce point ne se laisse entraîner à aucune superstition, ne croira pas non plus aux horoscopes, aux sortilèges, aux maléfices de toute sorte. Mais comme le peuple romain y croyait et haïssait les prétendues sciences occultes autant qu*il les redoutait; comme vous-même, vous partagiez en grande partie et ses croyances et ses craintes '; vous ne manquez pas d'attribuer à l'empereur les mêmes faiblesses ou le même pouvoir. Selon vous, il aurait autrefois éprouvé la science de Thrasylle; iljBurait annoncé à Galba qu'il t&terait un jour de la puissance suprême, prédit que Caligula tuerait son