‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 52 sur 226 · Voy. la note dans le Suétone, édit. de Lemaire, p · texte numérisé non relu

Voy. la note dans le Suétone, édit. de Lemaire, p

▼ons guère à lire ^es histoires latines que celles qui ont été faites dans le but d'obtenir les éloges de la caste patricienne, nous jugerons que les empereurs romains étaient des despotes stupides et sanguinaires; et nous n'aurons d'autre moyen de reconnaître si cette opinion est fondée que de reprendre un à un les faits les plus constants, et de les estimer en eux* mêmes, par les seules lumières de notre raison, et indépendamment de ce qu'en ont pensé les contemporains.

Tac. Hais les contemporains en ont toujours mieux jugé que vous ne le pouvez faire, vous qui n'avez plus ni nos mœurs, ni nos habitudes, ni nos sentiments, ni notre langage.

LÉv, Ajoutez, je vous prie, ni vos passions ; et c'est pour cela, probablement, que, les faits une fois donnés, nous juge* rons mieux que vous. Remarquez bien que si l'habileté d'un érudit ne consistait qu'à reconnaître par la comparaison purement arithmétique des témoignages qui nous sont demeurés, si tel ou tel prince a été aimé ou haï des historiens, et si, en conséquence, on doit le regarder comme bon ou comme mauvais, ce serait peu de chose en vérité; et nous nous serions depuis notre enfance donné beaucoup de peine pour n'arriver qu'à une connaissance futile ou une erreur grossière. Nous avons mieux à faire, je vous assure : c'est de démêler, sons votre narration, si les masses populaires, que nous regardons aujourd'hui comme infiniment plus intéressantes que quelques patriciensremuants, ontdûse trouver satisfaites de ce que le prince faisait contre vous, et par conséquent pour elles.

Tac. Mais les masses jugeaient comme nous.

Ltv. Ne le croyez pas. Je pourrais affirmer à priori que cela n'est pas possible, parce qu'elles avaient des intérêts tout difTérents. Les historiens nous en fournissent eux-mêmes la preuve involontairement, quand ils avouent que les princes dont ils ont dit le plus de mal, ont été néanmoins regrettés du peuple. G*est ce qui est arrivé, par exemple, pour Othon,

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pour Commode, pour Caracalla, pour Néron lui-même*; et c'est pourquoi Napoléon vous accusait un jour d'avoir calomnié ce prince*.

Tac. Le peuple aimait Néron à cause des spectacles qu'il lui donnait.

LÉY. Gela même prouve que Néron pensait aui plaisirs du peuple ; et quoiqu'on ne puisse pas le louer beaucoup d'avoir cherché de cette manière la popularité, encore ne faudrait-il pas l'en blftmer comme vous le faites ; surtout quand vous êtes forcé d'avouer un instant après, que, malgré toutes les craintes conçues d'avance à l'occasion de ces spectacles, cette invention ne produisit aucun mal*. Mais ce qui prouve mieux encore qu'il n'y a dans vos appréciations qu'un esprit de parti fort étroit, c'est ce que nous voyons dans l'histoire romaine à mesure que les partis triomphent et se succèdent. Kiea n'est plus plaisant. Néron est tué^ et Galba, son successeur, en dit et en fait dire pis que pendre ; c'est tout naturel : néanmoins il agit à peu près comme lui dans l'administration de l'empire. Bientôt Otbon et Yitellius se révoltent contre Galba. C'est au nom de Néron et du bonheur dont on jouissait sous lui que leurs soldats se rassemblent; et Thomme qui décide le mieux toutes les troupes à abandonner Galba,

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