Annal., XT
TACITK ET LÉVESQUE. 91
c'est justement ce Pison qu'il avait nommé son héritier présomptif, par cela seul qu'il représentait le vieux patriciat, et ces anciennes coutumes sous lesquelles le peuple avait si longtemps gémi^
Quand Othon et Vitellius sont abattus, Vespasien, qui leur succède, fait rétablir la mémoire ou les statues de Galba, et Ton poursuit ceux qui sous Vitellius et sous Néron avaient dénoncé les ennemis de ces empereurs*. Un peu plus tard, surtout après que Titus eut laissé tomber la discipline, et que les sénateurs se furent habitués à se croire les égaux des chefs de l'empire, Domitien fut obligé de remonter un peu les ressorts du gouvernement; il lisait constamment dans ce but les mémoires et les actes de Tibère : on en fait aussitôt un Néron'. Une conspiration se forme contre lui : ce n'était pas la première ; mais celle-là devait réussir et justifier son mot, que les princes sont bien malheureux, qu'on ne croie à la réalité d'une conspiration contre eux que quand ils y ont péri*; cette fois il fut assassiné*. Vous savez comment fut reçue la nouvelle de sa mort. Le peuple y fut indifférent, ce qui té* moigne déjà qu'on ne se trouvait pas si malheureux sous son règne. La troupe en fut irritée, et les patriciens (toujours les patriciens) se livrèrent seuls dans le sénat aux transports de la joie la plus indécente*. Le faible Nerva succède à Domitien : les exigences du sénat, l'indiscipline des soldats qui veulent venger son prédécesseur^, le forcent d'adopter un successeur : c'est Trajan, qui, toujours en guerre, fut facilement regardé, même par le sénat, comme un excellent prince.
1. Eût., 1, 18, 25, 29, 37; II, 71 ; cf. IV, 41. — 2. Ibid., IV, 7, 40, 41.
3. Sueton., DomU., w* 15, 20; Eutrop., Brev., VII, 15; JUYén., 5a<tf.y IV, ▼. 38.
4. Sueton. , Domtt., n" 21; Adrien a dit la même chose : c Misera conditio imperatorum, quibus.... nisi occisis,non potestcredi.vGadlic, Catsiut, n»2.