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2. Û y a dans Voltaire, à la fin de son Dialogue éPun intendant det mentu avec Vabbé Gri%el , un jugement qui me semble parfaitement fondé : c Les gens qui sont maîtres chez eux ne sont jamais persécuteurs. Voilà pourquoi un roi qui n*est pas contredit est toujours un bon roi. U n'y a de méchants que les petits qui cherchent à être les maîtres. » Condorcet, à la fin de la Fie de Voltaire ^ çxprime en ces termes le jugement de ce grand écrivain sur la question qui nous occupe : « Voltaire a été accusé d'aimer trop le gouveniement d'un seul.... U est vrai qu'il haïssait davantage le despotisme aristocratique qui joint l'austérité à l'hypocrisie , et une tyrannie plus dure à une morale plus perverse. II est vrai qu'il n'a jamais été la dupe des corps de magistrature , des nobles suédois et polonais , qui appelaient liberté le joug sous lequel ils voulaient écraser le peuple, etc. » Ces réflexions ne nous montrent pas moins le bon jugement de Voltaire que l'aveuglement singulier de Condorcet, lequel voyant très- bien les vices de l'aristocratie polonaise ou suédoise, croyait innocemment que ces vicçs seraient remplacés par toutes les vertus imaginables dans une aristocratie française, dès que cette aristocratie, au lieu de se composer des grandes familles, serait choisie par la multitude ignorante, versatile et passionnée , et porterait le nom menteur d'Assemblée nationale ou de Représentation du peuple. On sait comment cette vertueuse aristocratie a traité Condorcet lui-même , et ce que serait devenue la France, si la Providence ne nous en avait enfin d livrés.
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Domitien , Adrien , Commode et Septime-Sévère , ont tenud'une main ferme le timon des afiTaires : ils ont tous été peints comme des tyrans, ou peu s'en faut. Les autres, Titus, Nerva, Aotonin et Marc Aurèle, ont laissé les sénateurs matUres absolus de l'empire; et quoique leurs règnes soient vides et dénués de grandes actions , on en a fait des modèles et le type des excellents rois. Je n'en juge pas ainsi; je crois que c'étaient des souverains très-médiocres, et mes hommes sont, je l'avoue, dans la première liste» non pas que je les mette tous sur le même rang ; mais je vois là des talents du premier ordre, tandis que vos modèles me semblent tous des Pères-Cassandre.
Tac. Gomment, des Pères-Cassandre 1 Un Titus, nommé d'un consentement unanime les délices du genre humain ! Un Antonin, dont un de vos écrivains a dit qu'Adrien en l'adoptant semblait avoir réparé ses fautes et rétabli sa gloire effacée M Un Marc Aurèle qu'on ne croyait pas pouvoir jamais trop louer, et qui a inspiré à votre Montesquieu ces lignes touchantes : « On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur; on ne. peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement : tel est l'effet qu'elle produit, qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes \ •
Lév. Oh ! de grâce, épargnez-vous la citation de tant d'autorités; j'aime mieux pour ma part une seule raison solide. D'ailleurs, tous ces auteurs ont juré sur votre parole ou sur celle des écrivains romains dévoués au sénat et aux patriciens. EnGn, ce ne sont là que de vains mots; attachons-nous aux faits. Voyons ce qu'on doit à votre Marc Aurèle, puisque vous le croyez si élevé au-dessus de tous nos éloges. Il avait associé à l'empire Lucius Yérus, fils de Lucius qu'Adrien