‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 59 sur 226 · Gallic, Cassiut, n* 1. — 2. iWd., n" î · texte numérisé non relu

Gallic, Cassiut, n* 1. — 2. iWd., n" î

été compromise , parce que votre héros aimait mieux aller daos les écoles , assister aux discussions des sophistes, que de s'occuper sérieusement de ses fonctions de souverain.

Et remarquez bien, je vous prie, que ce ne sont pas là de ma part de vaines hypothèses; tout ce que j'exprime ici était dit, du vivant même de Marc Aurèle, par l'homme le plus capable d*apprécier les défauts de son gouvernement, par ce Gassius qui conspirait contre lui. Un historien latin nous a conservé , en la condanmant quant à lui , une lettre de ce général qui me paraît un modèle de politique et de bon sens : « Marc Aurèle, dit-ii, est sans doute un excellent homme; mais tandis qu'il ne pense qu'à faire louer sa clémence, il laisse vivre des gens dont lui-même condamne la vie.... Il fait de la philosophie, il disserte sur la clémence, sur l'âme, sur le juste et sur Fhonnète, et n*a pas une seule pensée pour la république.... Quant à ces infâmes présidents des provinces, ils s'imaginent tous que leurs gouvernements leur ont été donnés par le sénat et par Antonin pour s'enrichir et vivre dans les délices. Vous savez ce que l'on dft du préfet du prétoire de notre philosophie : trois jours avant d'être préfet, c'était un misérable mendiant; et tout à coup le voilà dans l'opulence. D'où, je vous prie, cela lui est-il venu, si ce n'est des entrailles de la république et des dépouilles des provinces * ? »

Vous voyez donc, ô Tacite, qu*avec un empereur dont les vertus consistaient peut-être dans une insouciance universelle, dont tout le talent était de laisser faire, et qui, dans sa propre famille, poussa cet abandon à l'excès le plus incroyable et le plus honteux, Tempire romain était une vaste proie, toujours saignante, sous le bec et la griffe des vautours. Ces vautours étaient vos grands seigneurs. Ëtonnez-vous

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