‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 67 sur 226 · Fain, Manuicrit de 1813, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Fain, Manuicrit de 1813, 1. 1, p

Nap. a qael propos me dites-vous cela ?

Louis. C'est que votre histoire est pleine de ces soubresauts. Nous vous voyons passer de l'extrême forfanterie à des soumissions étonnantes. Rappelez-vous cet article inséré par Esménard et sur votre ordre, dans le Journal de Vempire^ contre l'ambassadeur de Russie. Aussitôt après que par cette attaque vous eûtes satisfait votre mécontentement, la pensée vous vint que cela pouvait vous brouiller avec l'empereur Alexandre. Comment éviter cette querelle ? Ce fut le pauvre Esménard qui paya les pots cassés, il fut exilé en Italie. Est-ce là pour vous un acte bien honorable?

Plus tard les souverains alliés, comptant déjà de nombreuses et importantes victoires, vous proposaient des conditions très-acceptables ; vous les rejetiez avec mépris, vous répondiez : « L'ennemi eût-il son quartier général au faubourg Saint- Antoine, le peuple français ne renoncera jamais à la Belgique ^ » Quand les ressources vous ont manqué, vous, proposiez vous-même des conditions bien plus humiliantes que les alliés à leur tour ne voulaient plus yom accorder. Est-ce là une grandeur bien admirable ?

Vous disiez aussi, soit en 1813, soit quand la guerre fut engagée après votre retour de l'tle d'Elbe, que comme tous les Français généreux, vous aimeriez mieux mourir que de vous soumettre si l'on voulait vous dicter des conditions *. Est venue la bataille de Waterloo. L'occasion était belle pour justifier par un trépas glorieux ces paroles si fîères. Vous avez laissé ce rôle aux autres, à votre garde qui est morte pour vous et n'a pas voulu se rendre : Vous, vous n'y êtes pas mort et vous vous êtes rendu.

Je ne rappelle pas ces faits pour vous en faire le reproche. Je veux seulement répondre une fois pour toutes à cette accusation portée souvent contre nous et que vous avez

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