Fain, Manutêrit de 1813, p
pond par tous les organes qui peuvent parler pour elle, c'està-dire par les corps constitués et les journaux auxquels vous laissiez la parole : < Non, il ne sera pas flétri ce trâne, ce trône sur lequel tant de grâces siègent à côté de tant de génie V » Comment près de trois cent mille hommes avec cette phrase-là ne seraient-ils pas heureux de quitter la France et de verser leur sang.
Quand vous étiez obligé de vous retirer devant les alliés qui vous pressaient de toutes parts, le rhéteur Fontanes vient dire au Sénat que < sur l'étroit chemin où tant de défections éclatantes ou de sourdes trahisons resserraient votre marche et gênaient vos mouvements, des trophées ont encore signalé votre retour \ » et tout le monde s'en va content et heureux de cette image conquérante, quelle que soit d'ailleurs la mauvaise fortune que vous éprouvez réellement.
De même quand vous rentrez en France, harcelé et battu par vos ennemis, on admire complaisamment les quatrevingts drapeaux envoyés devant vous à Timpératrice sans penser qu'on vous en a pris bien davantage*; et que c^est d'ailleurs un pauvre dédommagement pour celui qui est en train de perdre son dernier écu.
En un mot, autant cette lutte dernière au moment où votre fortune va se détruire, est en soi attachante et dramatique, autant les mots faux et exagérés dont vous et les vôtres avez pailleté les événements, excitent chez nous un sentiment pénible.
Nap. Vous pouvez avoir raison au fond ; mais c'était pour moi un moyen nécessaire.
L.-Ph. Je n'insiste pas ; toutefois, si cela est exact, ce que vous nous avez dit du principe de votre gouvernement n'é-
1. Fain, Mantuerit de 1813 , t. II, p. 459; voyez aussi le Moniteur d'octobre et novembre 1813.
2. Moniteur du 28 octobre 1813. Fain, Manuscrit de 1813» t. II, p. 480.