Lettrei iwr Vhùtoire de France, n
des opinions trop étroites des autres historiens, tant qu'il leur dit : Vous n'admettez ici qu'une seule chose : il y en a mille, et presque toutes vous échappent. Mais H. Thierry luimême n'arrive-t-il pas à faire un système? N'ezplique-t-il pas quelque événement grave, par exemple la chute de la seconde race, par une cause, sinon uDÎque, au moins prédominante >qui n'a probablement pas eu la force qu'il lui suppose?
— Je sais ce que vous voulez dire. H croit en effet* que les derniers Carolingiens^ s'étaient aliéné la nation entière parce qu'ils avaient conservé les coutumes et le langage de la Germanie: et qu'il y avait dès ce temps un parti français, presque radicalement gaulois qui, animé d'une sorte de patriotisme mal défini, mais réel, voulait se voir gouverné par un prince indigène, ou au moins descendu d'aïeux si peu connus, qu'on pût le prendre pour franco-gaulois lui-même. C'est là, selon lui, le mouvement populaire qui a porté Hugues Capet au trône : et ainsi la troisième race aurait eu l'avantage d'être essentiellement nationale, au lieu que les autres étaient purement conquérantes. EUe aurait pu et dû faire disparaître de plus en plus l'opposition des vainqueurs et des vaincus, tandis que les deux précédentes non-seulement maintenaient cette distinction, mais en étaient l'expression à son plus haut degré. Est-ce que vous niez tout cela?
— Non, je ne nie pas tout : j'ai commencé par tedire qu'il y a toujours dans ces systèmes quelque chose de vrai : il y en a surtout quand c'est un homme aussi habile, aussi sérieusement instruit que M. Thierry qui parle. Mais enfin les faits sont plus forts et plus certains que les explications qu'on en donne. Les amis de Hugues Capet le firent roi sans doute: mais les Français se déclarèrent- ils immédiatement pour lui? non vraiment : ils soutinrent l'héritier légitime des Carolin-